© INTERNEUn appareil ravalant les précédents avions géants au rang de nains du ciel : c’est ainsi que Boeing présente son projet d’avion cargo à haute capacité. Le Pelican Ultra (pour Ultra Large Transport Aircraft) a également pour spécificité de voler… à 6 mètres au-dessus de l’océan.
Ekranoplane géant
Le Pelican impressionne par ses dimensions : 152 mètres séparent le cockpit de la queue tandis que son envergure atteint 109 mètres. A titre indicatif, l’Antonov 225, l’avion actuel le plus grand au monde, ne mesure "que" 84 mètres de long. L’appareil imaginé par Boeing pourrait ainsi transporter jusqu’à 1.400 tonnes sur une distance de plus de 16.000 km en un seul trajet.
Autre spécificité "de taille" (c’est le cas de le dire) : le Pelican, conçu principalement pour les trajets transocéaniques de longue distance, rasera les flots, à six mètres de la surface seulement. Il bénéficiera ainsi de "l’effet de sol", un phénomène aérodynamique qui favorise la pénétration de l’appareil dans l’air et réduit sa consommation de carburant. "La couche d’air est enfermée entre l’ail et le sol — ici, la surface de l’eau —, ce qui augmente la pression et accentue la portance de l’avion, c’est-à-dire ce qui le fait monter. Grâce à l’effet de sol, on peut maintenir des appareils plus lourds en l’air", explique à tf1.fr le professeur Dominique Thévenin, responsable de la formation Air-Espace à l’Ecole centrale de Paris. Un effet auquel recourent parfois les pilotes confrontés à un problème de carburant ou de moteur. Les premiers "ekranoplanes" (avions de surface) ont d’ailleurs été développés à des fins militaires pendant la guerre froide. En cas de mer mauvaise ou de vol au-dessus d’une surface dure, le Pelican pourra atteindre une altitude de 6.000 mètres ou plus.
Débouchés commerciaux et militaires
Autant d’atouts qui font du Pelican une alternative sérieuse au transport maritime puisque l’avion pourrait emmener les mêmes charges qu’un navire porte-conteneurs à une vitesse dix fois plus rapide, indique Boeing. Selon John Skorupa, responsable du développement stratégique chez Boeing, l’Ultra serait aussi le seul appareil permettant à l’armée américaine de déployer une division en cinq jours ou cinq divisions en 30 jours et de transporter en une fois 17 chars d’assaut M-1, n’importe où dans le monde. Un argument qui devrait séduire le Pentagone aujourd’hui plus que jamais. La construction du Pelican est d’ailleurs suspendue au feu vert des autorités militaires. Une décision qui sera connue en avril 2003.
photo d'ouverture : le Pelican Ultra (Boeing)
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