© ManreoOn connaissait les effets probablement dévastateurs de l’insecticide Gaucho sur les abeilles. On franchit une nouvelle étape aujourd’hui en s’interrogant sur une éventuelle nocivité du Gaucho sur l’être humain. Selon une information de l’agence de presse Agra, Jean-François Narbonne, expert en toxicologie et membre de
l’Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) souhaiterait "que des études soient réalisées pour mesurer les effets des résidus de Gaucho sur l’homme".Dans un rapport intitulé "Evaluation des risques pour les abeilles de l’imidaclopride" (matière active du gaucho, ndlr), Jean-François Narbonne écrit que "l’ensemble des informations disponibles sur les effets potentiels des contaminants et résidus (…) est de nature à générer une réflexion de l’Afssa sur leur présence dans l’alimentation de l’homme, justifiant éventuellement une dose journalière admissible de groupe". Et le Gaucho, insecticide de la firme Bayer, est utilisé dans le traitement d’un très grand nombre de cultures, maïs, blé, pomme de terre, betterave… mais aussi les produits de jardinage pour particuliers.
Incapables de retrouver leur ruche
A l’origine de cette nouvelle question, la connaissance plus en détail des récepteurs sensibles du cerveau humain. On sait déjà, à la suite d’étude sur des mammifères que ces produits "peuvent freiner le développement du cerveau au moment de sa formation chez les mammifères", explique Jean-François Narbonne à Agra. Ce professeur, également expert auprès du Conseil de l’Europe et des Nations Unies sur les questions de toxicologie, soumettra cette proposition de recherche lors de la prochaine réunion du comité d’expert spécialisé sur les risques physiques et chimiques de l’Afssa qui se tiendra fin septembre.
Même si le Gaucho bénéficie d’une autorisation de mise sur le marché renouvelée pour 10 ans au début de cette année, ces effets sur les abeilles seraient dévastateurs selon les apiculteurs. Ces dernières, au contact du Tournesol et autres cultures traitées, subiraient des perturbations dans leur comportement. Elles ne sauraient plus regagner leur ruche et parfois, n’arrivant plus à s’alimenter, mouraient. Ces dix dernières années, on aurait perdu près de 50% des populations des ruches en France.
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