Hess : un œil sur la "violence" de l’Univers

Par Frédéric GUERIN, le 08 septembre 2002 à 07h00 , mis à jour le 05 septembre 2002 à 18h24

En Namibie, un puissant télescope gamma va scruter l'hémisphère céleste sud. Objectif : capturer les explosions d’étoiles. Explications du magazine Ciel & Espace et de tf1.fr.

observatoire HESS 1er télescope namibie DR: HESS/NEC/MPI © INTERNE


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L'inauguration a eu lieu mardi 3 septembre par 1.800 mètres d'altitude sur un plateau des montagnes Khomas, à 150 kilomètres de Windhoek, la capitale de Namibie (Sud-Ouest de l'Afrique). Le site quasi-désertique est réputé pour ses nuits claires et transparentes. Là, les représentants des gouvernements de Namibie et d'Afrique du Sud ont accueilli un grand projet de coopération scientifique et technologique entre l'Europe et l'hémisphère austral : le High Energy Stereoscopic System (Hess).

Quatre télescopes dans le désert

À l'achèvement fin 2003, cet observatoire comprendra quatre télescopes de 108 mètres carrés de surface collectrice, chargés de détecter des rayons gamma de très haute énergie. Ce sera "le numéro un mondial du domaine", s'enthousiasme le CNRS au nom des six laboratoires français impliqués. L'objectif est de détecter les phénomènes les plus virulents : explosions d'étoiles en supernovae et noyaux actifs de galaxies. Au cœur du dispositif, la caméra de 800 kilos et deux mètres de long, équipée de 960 photo-multiplicateurs, a été conçue par les Français. Un premier exemplaire est déjà en service depuis juin.

Le Hess est baptisé en hommage au chercheur autrichien naturalisé américain Victor Hess, prix Nobel de physique 1936, qui a découvert le rayonnement cosmique. Il détectera les gerbes brillantes provoquées par la pénétration dans l'atmosphère terrestre de photons 50 milliards de fois plus énergétiques qu'un grain de lumière visible.

Astronomie gamma : chant de l'extrême

L'études des radiations les plus énergétiques connues a commencé dans les années 1960 avec les satellites militaires. Puis sont venus Cos-B l'Européen et Compton l'Américain. Ce dernier a détecté des centaines de sources depuis 1991. Il s'agit de supernovae, pulsars, étoiles binaires ou galaxies lointaines hyperactives alimentées par un trou noir géant de plusieurs centaines de masses solaires. Depuis 1986, les Français disposent du site de la centrale solaire Thémis (voir lien ci-dessous), dans les Pyrénées-Orientales, afin de conduire leurs expériences d'observation du ciel gamma. Lequel est dominé par la nébuleuse du Crabe M1, reste d'une supernova qui a éclaté le 4 juillet 1054 dans la constellation du Taureau.

 


La caméra française avec
son écran ouvert
(photo : Hess/Nec/MPI).


Quatre guépards ont été dressés...
pour garder l'observatoire !
(photo : CNRS/In2p3).
 

 

 

 

 

 

 


Les quatre montures en acier
des télescopes (photo : Hess/Nec/MPI).


Gros plan sur les miroirs du plan focal
(photo : Hess/Nec/MPI).

 

 

 

 

 

 


Le 1er télescope sous un arc-en-ciel
(photo : Hess/Nec/MPI). 


Le 1er télescope avec sa caméra et son
obturateur (photo : Hess/Nec/MPI).

 

 

 

 

 

 

 

 

Liens

- Inauguration de HESS : le communiqué du CNRS

- En savoir plus sur Hess : pages illustrées en français

- L'astronomie gamma : expérience Thémis (In2p3)

- Le projet Hess (Max Planck Institute), en anglais

photo d'ouverture : le 1er télescope avec ses 382 miroirs de 60 centimètres de diamètre (HESS/NEC/MPI)

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Par Frédéric GUERIN le 08 septembre 2002 à 07:00
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