© INTERNEPrésenté comme l’un des "trois grands chantiers" du quinquennat, la lutte contre le cancer en France prend une nouvelle tournure avec la mise en place lundi d’une commission d'orientation.
Un "drame national"
Présidée par le professeur Lucien Abenhaïm, directeur général de la Santé, la commission doit formuler des propositions sur quatre thèmes principaux : la prévention, l’information, le dépistage ; l’organisation et le fonctionnement du système de soins ; la prise en charge des problèmes sociaux et psychologiques des patients et de leurs familles ; et la politique de recherche, tant fondamentale que clinique et épidémiologique. Les experts, qui composent ce groupe de travail, devront remettre leurs conclusions le 15 octobre prochain.
Des experts qui ne considèrent pas cette initiative comme un énième plan contre le cancer. "D’abord, nous sommes tous heureux que le président de la République considère la lutte contre le cancer comme un chantier important", se félicite auprès de tf1.fr le professeur Gilbert Lenoir, membre de la commission d’orientation, directeur de la recherche à l’Institut Gustave Roussy et président du conseil scientifique de la Ligue nationale contre le cancer. Le 14 juillet dernier, Jacques Chirac avait en effet annoncé qu'au cours de son second mandat, il souhaitait la mise en œuvre de trois "grands chantiers" : sécurité routière, lutte contre le cancer et insertion des handicapés. "Le cancer est un véritable drame national qui exige un effort considérable de recherche, de prévention et de dépistage", avait ajouté le chef de l'Etat, avant d’insister sur l'importance du "traitement psychologique des malades".
Approche globale
Autre motif de satisfaction : "Pour la première fois, il s’agit d’une approche globale, impliquant non seulement le ministère de la Santé mais également celui de la Recherche", indique à tf1.fr le professeur Lenoir. "Nous allons faire un état des lieux sur les forces et faiblesses de la lutte contre le cancer en France et faire des propositions concrètes", précise-t-il. Concernant la prise en charge de la maladie et la survie des patients cancéreux, la France est bien classée au niveau européen, reconnaît le spécialiste mais il pointe les failles du système : organisation morcelée, financements épars qui ne bénéficient pas à tous les "acteurs" impliqués (hôpitaux/centres de recherches, public/privé, région parisienne/province, etc), querelles de chapelles… "Trouvons les moyens de fédérer et de distribuer les moyens de manière plus souples", demande le professeur Lenoir. Sera-t-il entendu ? Réponse le 15 octobre.
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