Le Sommet de la Terre accouche de généralités... comme prévu

Par M. D. avec AFP, le 05 septembre 2002 à 10h27 , mis à jour le 04 septembre 2002 à 10h33

Le Plan d'action, principal document politique du sommet de la Terre, a été entériné mercredi en séance plénière. Un texte général sans objectif concret qui suscite la colère des ONG. La déclaration sur le développement durable a ensuite été adoptée.

sommet de la terre développement durable johannesburg ONU logo © INTERNE

Les 191 pays présents au sommet de la Terre ont adopté formellement mercredi après-midi en séance plénière un Plan d'action pour réconcilier croissance économique et environnement.

Blocage sur l’accès aux soins

Adopté une première fois dans la nuit de mardi à mercredi, le plan, fort de 152 points et de 65 pages dans sa version anglaise, est intitulé "Plan de mise en oeuvre" par référence aux 2.500 recommandations sur le développement de l'Agenda 21 adopté au premier sommet de la Terre il y a dix ans à Rio. Il constitue l'un des deux documents politiques de la réunion avec une "Déclaration de Johannesburg sur le développement durable" dont l'approbation a eu lieu en fin de journée. Le plan réaffirme les grandes lignes de l'Agenda 21, notamment l'"approche de précaution", un concept moins contraignant que le principe de précaution développé depuis Rio. Le principe de précaution impose aux pays d'agir pour protéger l'environnement, même en l'absence de certitudes scientifiques sur les conséquences d'une inaction. L'approche de précaution invite seulement les pays à le faire.

Le plan engage la communauté internationale à réduire de moitié d'ici à 2015 la proportion d'êtres humains ne pouvant pas avoir accès à l'eau potable et celle ne disposant pas de "moyens d'assainissements décents" (épuration des eaux usées). Il prévoit également "une augmentation substantielle" des énergies renouvelables dans la consommation énergétique mondiale sans fixer de pourcentage ni d'échéance contrairement à ce que souhaitait l'Union européenne. Concernant la santé, un compromis a finalement permis d'introduire la notion de "droits humains et libertés fondamentales" dans un paragraphe appelant au renforcement des services de santé. Les Canadiens, soutenus par l'Union européenne, la Suisse, la Nouvelle-Zélande et l'Australie, ont bataillé pour rétablir la référence aux droits de l'homme et équilibrer un texte qui subordonnait l'accès à la santé à des considérations "nationales, culturelles et religieuses". Les Etats-Unis, le Vatican et plusieurs pays en développement résistaient à une modification du texte qui pourrait être interprétée comme permettant la contraception et l'avortement.

"Ce sommet est un crime"

"Ce n'est pas un sommet historique comme l'avait été Rio, avec la première prise de conscience mondiale du problème de l'environnement", a commenté Philippe Roch, chef de la délégation suisse, ajoutant: "On a sauvé les meubles."  Les principales organisations non gouvernementales (ONG) représentées à Johannesburg ont, elles, décidé de quitter symboliquement le sommet de la Terre, en organisant une manifestation mercredi matin pour protester contre les résultats de la négociation. "Ce sommet est un crime. Aujourd'hui, 6 milliards de personnes ont été trahies par les Etats du monde entier, qui se sont comportés comme s'ils étaient les employés des multinationales, dont les profits sont plus importants (pour eux) que les bénéfices des populations", a déclaré Ricardo Navarro, président des Amis de la Terre. "L'intérêt des multinationales est devenu l'ordre du jour du sommet. Nous voulons un sommet sur la responsabilité des entreprises, qui sont devenues incontrôlables. Elles sont un cancer pour la planète", a accusé Vandanah Shivah, dirigeante de l'association indienne Navdanya, qui travaille en lien avec les communautés locales. Selon  le sénateur Vert australien Bob Brown, ce qui a été décidé à Johannesburg "n'est pas ce que veulent les gens dans les pays riches. Ils ne veulent pas l'insécurité et un environnement dégradé, ils préféreraient de l'action de la part des gouvernements, plutôt qu'un déguisement écologique de circonstance".

 

Par M. D. avec AFP le 05 septembre 2002 à 10:27
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