© INTERNEDu 10 au 13 septembre derniers, le Centre national d’études spatiales (Cnes) et la ville de Toulouse ont accueilli un congrès spatial international. Créé par la Space Foundation aux Etats-Unis, c’est la première fois que l’International space symposium se déroulait hors du territoire américain. Explications de Pierre-Louis Contreras, directeur adjoint à la Communication et l’éducation au Cnes.
tf1.fr : Quel est l’objectif de ce symposium international sur l’espace ?
Pierre-Louis Contreras : Il s’agit avant tout d’un lieu de rencontres où les scientifiques, les industriels et les financiers viennent évoquer différents sujets liés à l’espace. Il y a également un objectif économique et sociétal puisque cet événement a été lancé il y a cinq ans par la Space Foundation, qui est la plus grosse association de lobbying américaine dans le domaine de l’aérospatial. Le symposium était organisé chaque année aux Etats-Unis puis, il y a deux ans, la fondation s’est rendue compte que les programmes spatiaux étaient de plus en plus internationaux. Les Européens ont milité pour que des réunions se déroulent également hors du territoire américain. La fondation a donc lancé un appel d’offres pour organiser l’événement ; plusieurs villes européennes étaient sur les rangs et c’est Toulouse qui a été retenue pour accueillir cette première édition hors des Etats-Unis. Le Cnes est co-organisateur. Il y a désormais deux symposiums annuels : un américano-américain aux Etats-Unis et un autre plus international.
tf1.fr : Le choix de Toulouse, c’est une forme de reconnaissance pour le secteur aérospatial français ?
P.-L. C. : Dans le domaine de l’espace, la France a toujours eu un rôle moteur en Europe. Notre poids est reconnu et évident.
tf1.fr : Quels sujets principaux ont été abordés à Toulouse ?
P.-L. C. : La communauté et l’industrie aérospatiales qui étaient florissantes il y a deux-trois ans subissent aujourd’hui la crise globale. Comment s’en sortir sans trop de casse ? C’est la grande question au centre des débats. Sur le marché des lanceurs, beaucoup d’espoirs avaient été fondés sur les "constellations de satellites" de télécommunications mais les entreprises à l’origine de ces projets ont plus ou moins déposé leur bilan. Il faut donc proposer des services plus efficaces et plus économiques. Autre thème évoqué : le projet Galiléo (voir article lié), le concurrent européen du GPS, que les Américains voyaient au départ d’un mauvais œil. Aujourd’hui, ils ont compris que ce système pouvait être complémentaire de leur GPS. Les participants ont aussi débattu du tourisme spatial : pour le moment, ce type de voyage spatial reste relativement confidentiel mais cela pourrait devenir une voie rentable à plus long terme. En général, les conclusions des débats font l’objet de recommandations que la Space Foundation adresse à la Maison-Blanche ou au Sénat.
tf1.fr : A la suite du 11 septembre, les projets aérospatiaux ont-ils été réorientés vers des objectifs militaires ?
P.-L. C. : Aux Etats-Unis, sans aucun doute. Chaque fois que Bush a dû trancher, il l’a fait en faveur de projets militaires. En Europe, c’est beaucoup moins vrai : les crédits civils et militaires ont leur "vie propre". Le secteur aérospatial n’a pas encore trop subi de restrictions mais les budgets se resserrent partout. Tout le monde souffre un peu…
photo d'ouverture : la fusée Ariane sur sa rampe de lancement (Arianespace)
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