© INTERNELa gestion des passagers, de leur confort et de leur santé, s’annonce particulièrement délicate avec la mise en service, à partir de 2006, d’avions de très grand gabarit, capables de transporter jusqu’à 600 passagers. D’autant que la durée des voyages aériens tend à s’accroître (lire "Voyages aériens : plus de passagers et plus d’incidents à venir").
Plus de moyens médicaux à bord
Pour faire face à ces évolutions, constructeurs, compagnies, autorités aériennes et professionnels de la santé poursuivent "une intense activité de réflexion". La tendance est à l’augmentation des équipements (para)médicaux à bord : des directives américaines, qui devraient être suivies en Europe, incitent à étoffer le contenu des trousses de secours et même à embarquer des défibrillateurs (appareils permettant de choquer ou déchoquer un patient lors d’un malaise cardiaque, NDLR).
Autre solution à l’étude : donner des compétences (para)médicales aux personnels navigants. Les compagnies aériennes y semblent plutôt opposées car cela s’avérerait trop coûteux. Mais si les déroutements pour raison médicale devenaient trop fréquents, elles pourraient réviser leur jugement et investir dans la formation et la télémédecine, indique à tf1.fr le professeur René Amalberti, chercheur au service Santé du ministère de la Défense (1).
Bataille autour des fauteuils
La télémédecine porte également à débat à cause de son coût — mise en place d’une intendance au sol — et des problèmes juridiques qu’elle soulève : il s’agirait d’actes pratiqué à distance dans un endroit étroit et dans des espaces internationaux. Il faut ajouter à cela de nombreuses difficultés pour assurer le transport des communications à haut débit alors que l’avion peut être soumis à des fortes perturbations. "Quant à s’appuyer sur des médecins passagers, les compagnies tendent à l’éviter car on peut tomber sur quelqu’un confronté à un problème qui ne relève pas de sa spécialité et il y a eu quelques antécédents problématiques", pointe René Amalberti.
Troisième axe de réflexion : l’aménagement intérieur des avions longs courriers. L’objectif est double : créer un espace réservé — pas nécessairement permanent — aux actes médicaux et accorder plus de place aux passagers. "Permettre aux gens de se lever et de bouger n’est pas forcément la meilleure solution : les accidents les plus sérieux interviennent en général lors des turbulences. La solution de bon sens serait donc d’élargir la place autour des sièges. Les conséquences psychologiques et physiologiques seraient évidentes. Mais créer plus de place par siège implique de diminuer le nombre de sièges… Sur ce point, avionneurs et compagnies se renvoient la balle", déclare le professeur Amalberti. Reste qu’Airbus a réuni plusieurs experts pour évoquer les aspects humains et sanitaires sur ses avions longs courriers. "C’est une question tout nouvelle, il y a peu de retombées d’expérience et pas de règlement donc les avionneurs disposent d’une grande liberté d’action", conclut le spécialiste.
(1) Le professeur Amalberti est également chargé de mission sur les facteurs humains à la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) et responsable des facteurs humains et médicaux dans le cadre de la certification européenne de l’Airbus A380.
photo d'ouverture : véhicule du service médical de l'aéroport de Roissy.
Retour MYTF1
Chargement en cours...



