Contamination massive dans une clinique de l'Eure ?

Par Matthieu DURAND, le 23 octobre 2002 à 16h13 , mis à jour le 22 octobre 2002 à 16h20

Un anesthésiste d'une clinique de Louviers a transmis l'hépatite C à trois personnes. Il utilisait un même flacon d'anesthésiant pour plusieurs patients. Des tests menés sur d'autres malades se sont révélés négatifs mais l'infection pourrait être importante.

Trois patients contaminés par l''hépatite c dans un hôpital © Manreo

Utiliser un même flacon d'anesthésiant pour plusieurs patients, c'est ce que faisait un anesthésiste de la clinique de Louviers, dans l'Eure, depuis quinze ans. La découverte en novembre 2001 de trois cas d'hépatite C probablement contracté dans cet établissement a provoqué un vent de panique, même si les premiers résultats d'une enquête sont plutôt rassurants.

Tests négatifs à ce jour

La direction de la clinique a indiqué mardi que 150 patients susceptibles d'avoir eux aussi été contaminés au cours des six mois précédents ont été rappelés. Les tests se sont révélés négatifs. Trois patients ont été contaminés en août 2001 alors qu'un quatrième porteur du virus de l'hépatite C était opéré dans le même service. Deux des trois contaminés ont été "traités par les médicaments adéquats et sont visiblement stabilisés" et le troisième "a vaincu seul le virus", comme cela arrive dans 20% des cas, indique Aujourd'hui/Le Parisien dans son édition de mardi.

Après enquête, les médecins ont suspecté l'usage d'un flacon anesthésiant multidoses utilisable pour plusieurs patients et qui aurait pu servir de vecteur de contamination. "Aujourd'hui avec le résultat des tests, nous ne sommes pas certains que ce flacon soit en cause car il existe à l'hôpital de multiples manières pour qu'un microbe passe d'un malade à un autre", assure le docteur Dominique Poels, PDG de la clinique de la Ravine. Et de préciser que l'usage du flacon multidoses était "une pratique normale à l'époque" dans les établissements de soins et qu'elle n'a été abandonnée qu'après la diffusion d'un message d'alerte par les autorités sanitaires début 2002.

"Une mauvaise utilisation de ma part"

De son côté, l'anesthésiste à l'origine de la contamination explique dans une interview à Aujourd'hui/Le Parisien qu'il ne savait pas "que le virus de l'hépatite C pouvait se transmettre à travers les flacons d'analgésiques que nous utilisons pendant les opérations". "C'est une mauvaise utilisation de ma part par un manque de reconnaissance", admet-il, justifiant cette pratique par souci d'économies. "Je n'ai pas été assez attentif" aux consignes adressées depuis plus de cinq ans aux anesthésistes, reconnaît-il.

Plus inquiétant, il ajoute : "Mais je ne suis pas le seul. Ces pratiques étaient fréquentes et sont peut-être encore fréquentes dans d'autres établissements". Le quotidien estime d'ailleurs que, depuis 15 ans, 10.000 patients de la clinique de Louviers pourraient ainsi avoir été infectés. Nicole Taillandier, directrice de la direction départementale des affaires sanitaires et sociales (Ddass) de l'Eure, se veut rassurante : "les risques sont minimes mais pas nuls, c'est pourquoi, dans un souci de précaution, nous élargissons les tests" à 3.000 ou 4.000 autres patients, a-t-elle affirmé mardi.

photo d'ouverture : archives

Par Matthieu DURAND le 23 octobre 2002 à 16:13
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