© INTERNELe procès en béatification de mère Teresa, la religieuse de Calcutta décédée en 1997, donne lieu à un curieux retournement de situation : des médecins occidentaux évoquent une guérison qui ne peut pas être expliquée scientifiquement tandis que leurs homologues du Tiers-Monde défendent une thèse rationaliste.
Guérison soudaine et inexpliquée
Septembre 1998. Monika Besra, une Indienne de 30 ans, se meurt d’un cancer à l’abdomen. Hospitalisée chez "les Missionnaires de la Charité", l’ordre fondée à Calcutta par la religieuse, la Bengali est transportée dans la chapelle de la clinique. Selon elle, un rayon de lumière jaillit d’une photo de mère Teresa. "J'en ai eu peur, mon cœur commença à battre plus rapidement et je me sentis plus légère, mais je continuai à sentir les élancements à l'abdomen", a-t-elle déclaré vendredi dernier à l'hebdomadaire catholique italien Famiglia Cristiana. A son réveil, dans la nuit du 6 septembre, Monika Besra s'aperçoit qu'elle ne sent plus de douleur et que la tumeur a disparu, selon le journal. Une guérison soudaine et inexpliquée que constatent deux médecins indiens, rapporte l'hebdomadaire.
Monika Besra tenant
une photo de mère Teresa
(photo : AFP)
Il s’agirait de l’un des nombreux miracles de mère Teresa. Les cardinaux et évêques membres de la congrégation pour les causes de saints réunis mardi au Vatican l’ont en tout cas reconnu comme authentique. La congrégation a consulté une commission médicale, composée de médecins laïcs ou non croyants. Laquelle a conclu qu'il s'agissait d'une guérison ne pouvant pas être expliquée scientifiquement.
Un traitement contre la tuberculose
Mais certaines autorités médicales indiennes contestent toute intervention divine dans la guérison de la jeune femme. La direction de l’hôpital Balurghat (dans l'Etat du Bengale de l'Ouest) a indiqué que Monika Besra avait d’abord été soignée pendant un mois, en juin 1998, pour une méningite tuberculeuse. La tumeur avait alors été détectée lors d’une échographie. "Par la suite, une autre échographie réalisée neuf mois plus tard a montré que la tumeur avait disparu. C'est sans doute dû à un traitement prolongé. Les médicaments administrés pour la tuberculose l'ont guérie de sa tumeur, et non pas un miracle", selon le gynécologue Ranjan Mustafi.
Des explications qui ne devraient pas empêcher la béatification de mère Teresa. Le pape doit encore approuver la reconnaissance du miracle en décembre prochain, la béatification intervenant certainement au printemps 2003. Cela constituerait le délai le plus court jamais atteint dans l'histoire moderne de l'Eglise, entre la date du décès d'une personne et celle de la reconnaissance de sa sainteté. Après la béatification, l'Eglise devra authentifier un second miracle pour élever la religieuse du rang de "bienheureuse" à celui de "sainte".
photo d'ouverture : AFP
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