Sale temps pour le moustique porteur du "palu"

Par AFP, le 03 octobre 2002 à 20h00 , mis à jour le 02 octobre 2002 à 18h30

Le génome de l’anophèle qui transmet le paludisme a été décodé. De quoi doper la lutte contre cette maladie qui tue plus de 2 millions de personnes par an.

moustique © INTERNE

Une bouffée d’air frais pour la recherche sur la malaria ("mauvais air", en italien) : le génome du moustique responsable de la transmission du paludisme, l’autre nom de cette maladie, a été décodé par un groupe international de chercheurs, au sein duquel figurent des équipes françaises. Les résultats complets des travaux sont simultanément publiés mercredi par les revues Science et Nature.

Homme, moustique et parasite

Présent dans les régions humides et marécageuses, le paludisme est provoqué par un protozoaire parasite du sang, Plasmodium falciparum, exclusivement transmis par un moustique femelle, l'anophèle. Le décryptage de son génome — ajouté à celui du génome humain en voie d'achèvement — va donner aux scientifiques une masse d'informations sur les trois acteurs de la maladie : l'homme, le plasmodium et l'anophèle.

Aujourd'hui, les chercheurs disposent d'une base de près de 14.000 gènes de cet insecte. Certains gènes jouent un rôle dans la transmission du parasite, d'autres dans la résistance du moustique aux insecticides, d'autres encore dans ses capacités olfactives — ce qui devrait permettre de mieux comprendre pourquoi il est plus attiré par telle personne que par telle autre. D'autres gènes enfin vont expliquer ses capacités à se protéger des attaques chimiques lancées contre lui depuis des décennies par les humains. A terme, l'étude de ces gènes devrait déboucher sur un réel contrôle de la transmission du paludisme — notamment par une utilisation plus rationnelle des insecticides — ainsi que sur la mise au point de nouveaux répulsifs.

"Un tournant pour la santé publique"

Ce décryptage est "un tournant pour la santé publique au plan mondial", se félicite l’Organisation mondiale de la santé. Cette annonce "galvanise les chercheurs, après des années de frustration", même s'il est "clair, quand on regarde le rythme du développement des applications des connaissances sur le génome humain, qu'il faut du temps pour que les fruits de la génomique arrivent à maturité", souligne l'agence de l’ONU.

Un mort toutes les dix secondes

Longtemps détenteur du titre de "premier tueur" de la planète — mais récemment détrôné par le sida — le paludisme menace deux milliards de personnes, en frappe entre 300 et 500 millions, et en tue chaque année entre 1,5 et 2,7 millions, neuf fois sur dix en Afrique, au rythme d'un mort toutes les dix à douze secondes. Il n’existe pas de vaccin à ce jour.

Par AFP le 03 octobre 2002 à 20:00
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