© INTERNEPetite révolution dans la lutte contre le sida. A l'occasion de la Journée mondiale contre le sida, dimanche, les autorités sanitaires françaises ont lancé une nouvelle campagne publicitaire qui "casse deux tabous", selon le professeur Lucien Abenhaïm, directeur général de la Santé. Elle incite à recourir au test de dépistage du sida entres partenaires d'un couple et elle s'adresse à la fois au grand public et à des populations ciblées.
Dépistage insuffisant
"La France s'illustre par un nombre élevé de dépistage du VIH" par rapport à ses voisins européens, a souligné vendredi le professeur Benhaïm lors d'une conférence de presse. En 2001, 4,3 millions de tests ont été effectués permettant de détecter 4.500 à 5.000 nouveaux séropositifs. Ce sont majoritairement des hommes (60%), la proportion des femmes (40%) étant toutefois en forte progression. Or, la moitié de ces nouveaux cas ne savaient qu'ils étaient séropositifs — il s'agit là de la principale cause de survenue du sida en France, devant l'échec thérapeutique — et un quart d'entre eux connaissait sa séropositivité mais n'avait pas suivi de traitement adéquat.
Chez les groupes les plus touchés — homosexuels, toxicomanes et ressortissants d'Afrique subsaharienne — le taux de dépistage reste insuffisant. Certes, près de 9 homosexuels masculins sur 10 (86%) ont effectué un test au cours de leur vie (une pratique plus élevée en France que dans les autres pays). Mais au premier semestre 2002, près d'un nouveau cas de sida lié à une contamination homosexuelle sur deux (45%) n'avait pas été dépisté auparavant.
Diagnostic et information
"Sida, le test, c'est important de savoir". Ce message accompagne les trois spots TV, diffusés du 1er au 21 décembre. Une campagne publicitaire massive, puisqu'elle totalisera plus de 850 passages sur les six chaînes hertziennes, sur le câble et le satellite. Soit l'équivalent d'une campagne pour le lancement d'une nouvelle voiture, a précisé le directeur général de la Santé. Budget : 3,75 millions d'euros. L'idée est d'expliquer que le dépistage remplit une "double fonction de diagnostic précoce" du VIH et "d'information sur le statut sérologique des partenaires". Car le test participe à un comportement préventif, au même titre que les préservatifs.
Trois couples "ciblés" sont ainsi présentés : un couple hétérosexuel qui veut arrêter d'utiliser le préservatif, un couple homosexuel dont l'un des partenaires apprend à l'autre qu'il a eu une aventure avec un séropositif et un couple d'Africains, dont la femme demande à son compagnon d'effectuer un test après un voyage "au pays" où il a pris du bon temps. Le résultat est original et si les situations peuvent paraître caricaturales, surtout dans les cas des couples homosexuel et africain, elles s'appuient sur des données scientifiques.
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