© INTERNELe 12 février 2002, la Société anonyme de gestion des eaux de Paris (Sagep) et les pouvoirs publics ont organisé, "dans le plus grand secret", un exercice d'attentat chimique contre le réseau parisien d'eau potable. Le Figaro révèle l'information dans son édition de mardi.
Réaction "rassurante"
La simulation portait sur la contamination par une substance toxique de "la partie du réseau qui alimente le XVIe arrondissement" de la capitale. "En aval de la portion visée par les terroristes, se trouvent plus de 30.000 consommateurs", précise le quotidien. Le produit chimique ou l'agent biologique a été repéré par la chute brutale du niveau de chlore qu'il a provoqué, entraînant le déclenchement de l'alerte. Mis en place en 1993, ce système de surveillance chimique "unique au monde", qui consiste en "une centaine de dispositifs répartis sur l'ensemble du réseau", permet à la Sagep de contrôler efficacement les 1.800 km de canalisations parisiennes.
Selon des modélisations effectuées, la société a ainsi pu "évacuer à temps 90 à 95% de l'eau contaminée". "On est incapable d'estimer le nombre de personnes qui ont consommé l'agent toxique, mais une chose est sûre : on a limité la casse", explique au journal ce dirigeant de la Sagep. Reste que "les délais d'intervention et de communication demandent à être sensiblement raccourcis", note "un haut responsable de la zone de défense parisienne".
Surveillance renforcée
Depuis le 11 septembre, les autorités sanitaires et militaires françaises ont renforcé la surveillance des 32.000 réseaux d'eau potable. Parmi les nombreuses mesures adoptées : la sécurisation des réseaux (un cinquième des ressources du plan Biotox y est consacré), le doublement des doses de chlore "afin d'assurer l'inactivation d'agents biologiques", la constitution de stocks d'antipoison répartis sur le territoire…
Certes, "les spécialistes craignent moins les conséquences sanitaires d'une contamination que son impact psychologique", la plupart des agents toxiques devant "être déversés en grande quantité pour se montrer réellement dangereux", avance Le Figaro. Pour autant, "si les grandes villes ont depuis longtemps pris des mesures, les réservoirs des petits réseaux sont souvent mal protégés contre des tentatives d'intrusion", note le journal. Et de rappeler les trois cas de pollution délibérée de réservoirs en Province depuis septembre dernier.
photo d'ouverture : des policiers inspectent le toit du chateau d'eau d'Istres, le 18 septembre dernier, à la suite d'une pollution criminelle au white-spirit (AFP)
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