© LCILe moteur Vulcain-II de l'étage principal de la nouvelle version d"Ariane-5 pourrait être à l'origine de l'échec du vol inaugural, mercredi soir, même si les causes de son dysfonctionement restent pour l'instant inconnues. C'est ce qu'a déclaré jeudi à Kourou le directeur général d'Arianespace, Jean-Yves Le Gall. L'échec du lancement a été provoqué par un arrêt de ce propulseur. Mais "à l'heure actuelle, il est impossible de dire que l'échec du lancement est dû à une défaillance de ce moteur ou à des perturbations venant de son environnement".
Constitution d'une commission d'enquête
Cette version d'Ariane-5 bénéficie d'une performance augmentée de 50 %, pour permettre d'emporter jusqu'à dix tonnes. L'étage principal du lanceur est équipé précisément d'un moteur cryotechnique (à hydrogène et oxygène liquides) Vulcain-II, de 20 % plus puissant que celui du modèle précédent. Après un décollage et une minute et demi environ de vol sans incident, des problèmes techniques ont commencé à se manifester et, 187 secondes après le lancement, à 120 km d'altitude, la fusée s'est trouvée sur une "trajectoire erratique". A 455 secondes, l'ordre de destruction a été donné depuis le sol et la fusée, avec ses deux satellites, s'est abîmée dans l'océan Atlantique, entre 800 et 1.000 kilomètres des côtes guyanaises. Il s'agissait du 9e échec dans l'histoire du lanceur.
Une commission d'enquête indépendante va également être mise en place dès vendredi et commencera à travailler lundi. Elle devra établir si cet échec a des conséquences sur la version de base du lanceur Ariane-5. Elle devra d'autre part établir les conditions d'une remise en service dès que possible du lanceur lourd européen. "Il y a un lancement d'Ariane-4 la semaine prochaine et rien ne permet de le remettre en cause", a dit le DG d'Arianespace. Même chose pour la mission Rosetta (importante mission de l'Esa prévue pour le 15 janvier) "car elle emploiera une Ariane-5 classique".
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Bras de fer euro-américain
L'Europe spatiale plaçait beaucoup d'espoir en cette mission après un premier échec du vol inaugural de la nouvelle Ariane-5, le 26 novembre dernier, à la suite d'une défaillance informatique. La fusée, qui devait mettre sur orbite les satellites Hot Bird Tm7 pour Eutelsat et Stentor pour le compte du Cnes, était dotée d'une capacité d'emport de 10 tonnes. Un nouveau "modèle" capable d'emporter deux, voire trois charges utiles, affirmant ainsi la prédominance de la fusée européenne sur ses concurrents.
Car la compétition s'annonce très rude entre lanceurs du futur. Les Américains font en effet un retour en force sur le marché des lanceurs traditionnels et se positionnent aujourd'hui sur la totalité des segments du marché. De surcroît, ces concurrents d'Ariane bénéficient d'un environnement très favorable et d'une "sécurité" de taille, dans la mesure où 70% du plan de charge des lanceurs américains est rempli par des programmes gouvernementaux, contre 10% seulement pour Arianespace. Or, les fusées américaines Atlas-5 de Lockheed Martin et Delta-4 de Boeing ont réussi leur lancement, respectivement le 21 août et le 16 novembre derniers. Et les Américains ont des projets dans leurs cartons : la version Delta "Heavy", dont le lancement est prévu pour 2006, emportera 13,1 tonnes. Soit plus d'une tonne que le futur modèle plus "musclé" d'Ariane d'une capacité de 12 tonnes. Si les carnets de commande d'Arianespace sont remplis pour les deux années et demie à venir, l'échec de mercredi risque de remettre en question la prédominance européenne sur le marché des satellites commerciaux.
Fausse alerte à la bombe La police de Cayenne a reçu vers 10h30 un appel téléphonique anonyme signalant qu'une bombe allait exploser au Centre spatial guyanais (CSG) de Kourou. Il s'agissait d'un "appel malveillant", a expliqué la préfecture de Guyane dans un communiqué. Une enquête est en cours pour identifier les auteurs, "qui encourent de lourdes sanctions pénales et financières", a indiqué la préfecture. Et de préciser qu'à "aucun moment, une alerte dite de niveau 3 (menace extérieure avérée) n'a été déclenchée au CSG, où la procédure de lancement d'Ariane-5" s'est poursuivie normalement. "Pour traiter ces différentes alertes, nous avons mis en pré-alerte la cellule de crise de la préfecture", a déclaré à l'AFP Daniel Josserand-Jaillet, le directeur de cabinet du préfet. Par ailleurs, en début de matinée, deux autres appels anonymes avait informée la police qu'une bombe exploserait à la préfecture. |
photo d'ouverture : Ariane-5 (archives/Arianespace)
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