© INTERNE"Nous sommes unanimes pour dire qu'il y en a marre d'appeler les bénévoles à aller ramasser les cochonneries que devraient ramasser les pollueurs". Ce "coup de gueule" de Christian Garnier, vice-président de France Nature Environnement (FNE), est partagé par six autres associations écologistes françaises. Lors d'une conférence de presse tenue lundi, Robin des Bois, Greenpeace France, Les Amis de la Terre, Surfrider Fondation Europe (SFE), Keep it Blue, le Collectif anti marées noires de Saint-Nazaire et FNE ont ainsi demandé à leurs membres de ne pas participer au nettoyage des plages souillées.
"Risques cancérigènes"
Les militants de la FNE sont invités à uniquement prendre part aux réunions avec les préfets, dans le cadre du plan Polmar, pour organiser d'éventuelles opérations de nettoyage et éviter des dégradations des milieux fragiles. S'appuyant sur "l'expérience de l'Erika et ses conséquences sanitaires négatives sur de nombreux bénévoles participant au nettoyage", Surfrider Fondation Europe indique dans un communiqué de presse que "ce produit toxique présente des risques cancérigènes incontestables". Car le fioul du Prestige est notamment constitué, comme celui de l'Erika, d'hydrocarbures aromatiques, composés toxiques et cancérigènes. Un contact sans protection peut entraîner des nausées, vomissements, lésions cutanées. Enfants et femmes enceintes doivent impérativement se tenir éloignés du produit. "Les nettoyages nécessitent donc, selon les lois du code du travail, une prise en charge par les professionnels formés aux déchets industriels", ajoute SFE.
Pour un régime de responsabilité illimitée
Certes, les plages françaises ne devraient pas connaître l'arrivée de nappes de fioul colossales, comme lors de l'accident de l'Erika, rappelle à tf1.fr Bruno Rebelle, directeur de Greenpeace France. Un recours massif aux bénévoles ne devrait donc pas être nécessaire, les services publics devant suffire. "Nous demandons à nos adhérents de garder leur temps pour exprimer leur colère", explique-t-il. Objectif : "que l'Union européenne (UE) mette en place un régime de responsabilité illimitée tel que celui qui a été mis en œuvre aux Etats-Unis en 1990, soit à peine un an après la catastrophe de l'Exxon-Valdez" en Alaska. Et Bruno Rebelle de souligner que les Etats-Unis n'ont plus connu de problème de pollution majeur depuis cette date.
Ce régime implique que tout navire navigant à proximité des côtes européennes fasse état d'un certificat d'assurance couvrant à la fois le navire et sa cargaison. "Je ne connais pas un assureur qui accepterait d'assurer un navire pourri", précise le directeur de Greenpeace France. Ceci impose que l'UE sorte de la convention de responsabilité limitée adoptée à l'Organisation maritime internationale. Une sortie qui pourrait permettre, selon Bruno Rebelle, de réformer en profondeur cette institution, jugée "largement inadéquate pour traiter les problèmes de pollution".
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