Image d'archives. © TF1Alors que la demande de soins continue d'augmenter, il faut s'attendre à une baisse prochaine de médecins en France. C'est ce qu'a indiqué le professeur Yvon Berland dans un rapport sur la démographie des professions de santé remis mardi au ministre de la Santé.
Vieillissement et consumérisme
"Il n'y a jamais eu autant de professionnels de santé qu'actuellement, avec 1,650 million de professionnels en 2000", constate le rapport, commandé en juin par Jean-François Mattei. Cette situation ne devrait toutefois pas durer pour certains : si les infirmières, kinés ou sages-femmes verront leurs effectifs croître au cours des prochaines années, le nombre des chirurgiens-dentistes, pharmaciens, orthophonistes et orthoptistes baissera à moyen terme. Le nombre des médecins connaîtra également une forte baisse d'ici 2020, ramenant la densité médicale de 332 pour 100.000 habitants à 305 en 2012.
Et le rapport d'alerter sur des "pénuries disciplinaires à l'hôpital", des "phénomènes de files d'attente en augmentation pour certaines spécialités ou de désertification de zones rurales". Explications : vieillissement et féminisation du corps médical, vieillissement de la population, consumérisme médical, mais aussi désir des professionnels de ne plus sacrifier leur vie de famille. S'y ajoute une offre de soins principalement concentrée dans les zones urbaines, alors que les zones périurbaines défavorisées et rurales sont souvent sous-médicalisées.
Eviter les doublons
D'où la nécessité, selon le rapport, de redéfinir les compétences des différents professionnels. Objectif : transférer certaines activités des médecins vers d'autres professions médicales ou paramédicales afin d'éviter les "doublons" inutiles et inefficaces. Le rapport mise également sur les regroupements, qu'il s'agisse de maisons de soins réunissant plusieurs professionnels ou de sites uniques abritant moyens publics et privés. Des aides supplémentaires, notamment fiscales, seraient accordées en zones rurales ou difficiles.
Cette redéfinition s'accompagnerait d'une réforme globale des études sanitaires : harmonisation des enseignements, création de "passerelles" professionnelles et régionalisation du concours de l'internat pour stabiliser les jeunes diplômés dans leur région. Il faut également relever le numerus clausus à l'entrée des études de santé pour les professions déficitaires : de 5.100 en 2003 à 8.000 d'ici 2007 en médecine, de 850 à 1.000 en dentaire et de 2.400 à 2.775 en pharmacie.
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