Cigarettes plus chères = moins de fumeurs

Par Matthieu DURAND, le 06 janvier 2003 à 12h08 , mis à jour le 06 janvier 2003 à 16h30

La hausse lundi du prix des cigarettes en France, la plus forte depuis dix ans, devrait entraîner la diminution du nombre de fumeurs, notamment chez les jeunes. Mais attention à ne pas arrêter n'importe comment.

Cigarettes, assurances, taxis : toutes les hausses de janvier © Manreo

tf1.fr : Le prix des cigarettes a augmenté lundi de 8 à 17% selon les marques. Quel est l'impact d'une telle mesure sur la consommation de tabac en France ?

Christian Peschang (1) : Je voudrais faire un préambule. Chaque année, le tabac tue 60.000 personnes en France. Il n'existe pas de baguette magique pour lutter contre le tabagisme. L'augmentation du prix des cigarettes est une mesure parmi d'autres, prévue par la loi Evin. La hausse de lundi est la plus importante depuis dix ans et, au CNCT, nous nous en réjouissons. Ceci étant dit, nous savons qu'entre 1992, année de la promulgation de la loi Evin, et aujourd'hui, la consommation de tabac en France a diminué de 14% parallèlement à une féminisation et à un rajeunissement des fumeurs — l'âge de la première consommation de tabac se situe à 11 ans et trois mois. Cette hausse du prix aura un effet dissuasif, notamment chez les jeunes fumeurs dont le budget consacré au tabac est limité. On estime ainsi qu'une augmentation de 15% du prix du paquet de cigarettes entraîne une baisse de 10% de la consommation de tabac chez les jeunes.

tf1.fr : La baisse de la consommation est-elle proportionnelle à la hausse du prix ?

C. P. : Tout à fait. Les cigarettiers ont reconnu que la consommation de tabac avait diminué de 8% en juillet-août, après une hausse des prix en juillet et la diffusion de deux spots anti-tabac à la télévision, l'un sur les composants de la cigarette et l'autre sur les derniers jours d'un fumeur (lire les articles liés).

tf1.fr : Justement, profitez-vous de ces hausses de prix pour lancer des campagnes contre le tabagisme ?

C. P. : Non, il n'y a pas de concertation. Nous ne sommes pas à la remorque du ministère des Finances. Il s'agit simplement d'une simultanéité. D'ailleurs, pendant les fêtes de Noël, nous avons diffusé un spot sur les dangers du tabagisme passif.

tf1.fr : Arrêter de fumer parce que cela devient trop cher, est-ce une bonne motivation ?

C. P. : Les motivations sont propres à chaque individu. On peut décider d'arrêter de fumer pour améliorer sa santé ou ses performances sportives, pour dépenser moins d'argent ou en prévision d'une grossesse, comme c'est souvent le cas chez les femmes. Ce qui est certain, c'est qu'on ne connaît pas de fumeurs heureux : 80% d'entre eux ont essayé au moins une fois de s'arrêter.

tf1.fr : Quels conseils donneriez-vous à ces personnes qui souhaiteraient arrêter de fumer ?

Le numéro de
téléphone
du CNCT :
01 55 78 85 10

C. P. : L'activité du CNCT consiste aussi à accueillir et informer les fumeurs en demande de sevrage (voir numéro de téléphone ci-contre). Nous leur conseillons de prendre rendez-vous avec leur médecin pour effectuer un diagnostic de dépendance tabagique. Au CNCT, nous ne préconisons que les méthodes (pour arrêter de fumer, NDLR) médicalement contrôlées. Car il faut bien admettre que le monde du sevrage au tabac est infesté de sectes ou d'individus parfois malveillants. Mais il n'y a pas de mauvaises méthodes pour arrêter de fumer, juste des méthodes adaptées à chaque fumeur.

(1) Secrétaire général du Comité national contre le tabagisme (CNCT)

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Par Matthieu DURAND le 06 janvier 2003 à 12:08
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