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Match de quidditch et scènes de mime
La réalisation de ces commentaires sont réalisées par les équipes de l'association Valentin Haüy, qui propose différents services aux aveugles et aux malvoyants. Neuf "traducteurs d'images", dont quatre comédiens, sont chargés de repérer et minuter les blancs, de rédiger les commentaires qui tiendront dans ces espaces et de les enregistrer avant qu'ils soient mixés à la bande son. Durée totale de l'opération : entre quatre jours et une semaine par film, pour un coût compris entre 4.600 et 9.200 euros. Pour les œuvres françaises, la production, voire le réalisateur, donnent son visa. Il faut également l'accord des ayants-droits, les "propriétaires" des négatifs.
"Il ne s'agit pas de tout remplir les blancs", prévient Patrick Saonit, chargé de l'Audiovision à l'association. Et de préciser que les traducteurs d'images respectent l'œuvre tout en proposant des textes ou un ton qui correspondent à l'action. "Par exemple, pour Harry Potter, nous avons décrit le match de quidditch à la manière d'un commentateur sportif", explique-t-il. Tous les genres sont abordés : films d'action et d'auteur, dessins animés… "Nous essayons de répondre à la demande. Une fois par an, nous diffusons un questionnaire sur notre site internet et auprès des associations de non-voyants", précise Patrick Saonit.
Courir après les blancs
Le commentaire reste un art difficile. "Il y a des films bavards où l'on n'a pas grand-chose à décrire et d'autres, comme Le Cinquième élément, où il y a beaucoup d'action, avec beaucoup de descriptions à faire, mais où l'on court après les blancs", indique Patrick Saonit. Si la description de La Guerre du feu (écouter le document ci-contre) ou des scènes de mime dans Les Enfants du paradis n'ont pas posé de problème, en revanche, l'association n'est pas parvenue à commenter les films muets de Chaplin.
Autre grand avantage de l'Audiovision : sa facilité d'utilisation. Dans les salles de cinéma ou de théâtre, les non-voyants peuvent suivre l'œuvre au sein du public, en toute autonomie, grâce à un casque audio à infrarouge. A la télévision, le procédé est utilisé par Arte, qui diffuse une douzaine de films par an, et à l'étude sur France Télévisions pour 2003. L'essor du DVD permet aux non-voyants d'accéder aux films les plus récents. Deux éditeurs ont commercialisé des œuvres en Audiovision : un seul titre pour France Télévision (Se souvenir des belles choses) et une dizaine pour TF1 Vidéo (Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain, La Vie est belle, Tanguy, La Guerre du feu…). Ce dernier éditeur a d'ailleurs la particularité de proposer des menus parlés sur certains de ses DVD. A ce jour, une centaine de films et autant de pièces de théâtre ont été adaptés pour les aveugles et mal-voyants.
photo d'ouverture tirée du film Tanguy, réalisé par Etienne Chatilliez, avec André Dussolier et Sabine Azéma
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