Crue centennale : une crainte surtout psychologique

Par Matthieu DURAND, le 07 janvier 2003 à 12h08 , mis à jour le 07 janvier 2003 à 22h11

Si la Seine a dépassé sa cote d'alerte, son niveau n'a rien d'exceptionnel. Selon l'hydrologue Vazken Andréassian, une inondation comme celle de 1910 reste toujours aussi improbable.

Paris: les quais et voies sur berges inondés par la Seine © Manreo

Le niveau de la Seine a atteint 4,07 mètres mardi matin au Pont d'Austerlitz, a indiqué le centre d'annonce des crues de Paris. Le fleuve est à 87 cm au-dessus de sa cote d'alerte (3,20m), qu'il avait dépassée vendredi dernier. Les prévisions à 24 heures font état d'un arrêt probable de la crue de la Seine, avec un niveau de 4,10m prévu pour mercredi. Explications de Vazken Andréassian, hydrologue au Cemagref.

tf1.fr : La cote d'alerte de la Seine (3,20m) a été dépassée, faut-il s'en inquiéter ?

Vazken Andréassian : Pas du tout, cette cote d'alerte est purement administrative ; elle indique aux gestionnaires du bassin que des actions doivent être mises en place, comme la fermeture partielle des voies sur berges à Paris. La Seine atteint fréquemment ce niveau de 4m.

tf1.fr : Les fortes chutes de neige qui se sont abattues sur l'Ile-de-France auront-elles un impact sur le niveau du fleuve ?

Sur le web

L'état du bassin
de la Seine

Les lacs
et réservoirs
de la Seine

 

V. A. : La neige en elle-même ne représente pas une menace car elle va fondre lentement ; son apport à la rivière sera étalé dans le temps. Ce qui pourrait être dangereux, ce serait une hausse brutale des températures, qui ferait fondre la neige plus vite. D'autant que ce réchauffement est souvent accompagné d'averses de pluie, lesquelles s'ajouteraient à la neige fondue pour gonfler la Seine. Autre danger : la pluie sur gel. C'est beaucoup plus rare mais cela s'est produit lors de la dernière semaine de décembre 2001 en région parisienne. Les sols gelés n'absorbent plus l'eau et cela donne des crues assez importantes. Mais aucun de ces trois phénomènes ne semble prévu à l'heure actuelle.

tf1.fr : Pour autant, le risque d'inondation à Paris est-il définitivement écarté ?

V. A. : Tout dépend des pluies qui vont tomber dans les semaines à venir. Les délais de prévision des crues dépendent des caractéristiques du bassin, sa taille, ses pentes, etc. Pour le bassin de la Seine, les prévisions ne vont pas au delà de 3-4 jours. Le débit du fleuve à Paris dépend ainsi des précipitations qui se sont abattues quatre à cinq jours auparavant. Mais le rendement initial des précipitations (la "part" de pluie qui se retrouve dans la Seine, NDLR) dépend de l'état d'humidité du bassin. Actuellement, les sols ne sont pas plus gorgés d'eau que tous les ans à la même époque.

tf1.fr : Comment expliquez-vous alors cette psychose de l'inondation qui a amené notamment les pouvoirs publics, les musées et la RATP à mettre en place des plans d'urgence ?

V. A. : Je n'ai pas compris ! C'est une réaction purement psychologique à la suite des inondations en Europe de l'Est cet été et surtout à l'approche de 2010, qui laisse craindre une crue centennale comme celle de 1910. Mais par centennale, on entend rare et de faible probabilité. C'est-à-dire que chaque année, il y a une probabilité sur 100 qu'une crue comme celle de 1910 se produise. Cette probabilité n'augmente pas à mesure qu'on se rapproche de 2010.

 

e-TF1 n'est aucunement responsable du contenu des sites externes
pour lesquels elle offre des liens.

Par Matthieu DURAND le 07 janvier 2003 à 12:08
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Sciences
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience