Jeunes fumeurs de cannabis, gare à l'escalade !

Par Matthieu DURAND, le 23 janvier 2003 à 07h00 , mis à jour le 22 janvier 2003 à 18h18

Une étude menée sur des jumeaux australiens montre que les personnes ayant fumé du cannabis avant 17 ans ont 2 à 5 fois plus de chances de passer à d'autres drogues ou de devenir "accro" à l'alcool ou aux drogues.

Des feuilles de cannabis | D.R. © INTERNE

Chaque étude sur le cannabis suscite de vifs débats, quand ce n'est pas une polémique. Les récents travaux menés par des chercheurs australiens et américains ne dérogeront pas à la règle (1). Selon eux, les personnes ayant consommé du cannabis avant l'âge de 17 ans ont 2 à 5 fois plus de chances de passer à d'autres drogues ou de devenir dépendant à l'alcool ou aux drogues. Afin d'évacuer tout impact du patrimoine génétique ou du milieu familial, les scientifiques se sont intéressés à 311 "paires" de jumeaux et jumelles australiens, âgés d'une trentaine d'années en moyenne. A chaque fois, l'un d'eux (ou d'elles) avait commencé à fumer des joints avant 17 ans et pas l'autre.

Lien peu clair

Résultat : chez les fumeurs "précoces", 46% ont indiqué avoir par la suite abusé du cannabis ou y être devenu "accro" et 43% ont développé une dépendance à l'alcool. Et ils sont également plus nombreux que leur jumeau à prendre de la cocaïne et d'autres stimulants (42%), d'hallucinogènes (35%), de sédatifs à des fins non médicales (15%) et d'opiacés (13%) (2). Des pourcentages entre 1,8 et 5,2 fois plus élevés que chez les jumeaux et jumelles ayant fumé du cannabis pour la première fois après 17 ans.

Le lien entre la consommation de cannabis et ces phénomènes de dépendance n'est pas clair. S'il est implicitement admis que l'usage du cannabis agit sur le cerveau et pousse à essayer d'autres substances illicites, il existe d'autres mécanismes potentiels, explique à la BBC l'un des chercheurs, le docteur Michael Lynskey (Queensland institute of medical research, Australie). Parmi ces mécanismes, il relève la facilité de se procurer de la drogue, la volonté de violer la loi et la probabilité de s'engager dans des comportements à risques.

Prise de conscience

L'usage du cannabis chez les parents et leurs enfants est devenu tellement commun que la société pourrait sous-estimer les risques qu'il représente, souligne le professeur Andrew Heath (Washington university school of medicine, Etats-Unis), qui a dirigé l'équipe scientifique binationale. Et d'alerter : "Une chose importante à dire aux parents dont les enfants de 16 ans fument du cannabis, c'est que la majorité de ces gosses ne connaîtront pas de problèmes de drogues ou d'alcool. Mais il est important qu'en tant que parents et que société, nous reconnaissions qu'il existe un risque accru".

(1) publiés dans le Journal of the American medical association (Jama)
(2)
 pourcentages donnés pour les jumeaux de sexe masculin

e-TF1 n'est aucunement responsable du contenu des sites externes
pour lesquels elle offre des liens.

Par Matthieu DURAND le 23 janvier 2003 à 07:00
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Sciences
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience