© ManreoLors d'une visite mardi dans les locaux de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt), le ministre de la Santé Jean-François Mattei a assuré que "la lutte contre les drogues" représentait "une conviction forte et un de (ses) défis personnels". Voici quelques uns des propos qu'il a émis à cette occasion :
L'alcool, une "tradition" française
Alcool, tabac et autres substances illicites tels le cannabis, la cocaïne ou l'héroïne sont considérées par le ministre "comme des drogues" sans "aucune ambiguïté". Toutefois, l'alcool, fait partie des "traditions" françaises ; "dans certaines circonstances, à des doses modérées", sa consommation peut être autorisée.
Contre les drogues au volant
En voiture, priorité à "l'alcoolémie zéro" et lutte contre les médicaments psychotropes dont "nous sommes les premiers bouffeurs (…) au monde", a indiqué le ministre.
"Guerre au tabagisme"
La loi Evin n'est pas suffisamment respectée, notamment dans les établissements scolaires. Une nouvelle augmentation des prix des cigarettes n'est pas exclue et "un remboursement partiel" des patches à la nicotine a été suggéré par le Dr. Didier Jayle, président de la Mildt.
Cannabis : loi de 1970 "totalement inadaptée"
"Une campagne (de communication) pour expliquer les raisons pour lesquels le cannabis n'est pas autorisé serait bienvenue", a souligné le ministre. "Ce n'est parce que 80 % d'adolescents, ou 50 ou 60 %, peu importe, fument du cannabis qu'il faut dire que c'est bien et qu'il faut l'autoriser parce qu'on ne peut pas l'empêcher. Ca, ça s'appelle une reculade", a dit Jean-François Mattei. Evoquant "les effets néfastes du cannabis sur la santé", il a rappelé "le principe de précaution" pour "s'interdire d'aller dans le sens de la dépénalisation". En revanche, "on ne peut évidemment pas persister dans l'idée qu'on doit emprisonner le consommateur de cannabis. On doit adapter les peines en fonction de la gravité du délit", a-t-il affirmé.
A chaque drogue, son centre de désintoxication
Le ministre a refusé de signer le décret fusionnant les structures de lutte contre la toxicomanie et l'alcoologie, estimant qu'on ne peut pas forcément "mêler dans une salle d'attente" un héroïnomane et un candidat à l'arrêt du tabac ou de l'alcool.
Les conséquences de la légalisation "La 'guerre à la drogue' dynamise le trafic", c'est le constat "alarmant" dressé par Le Monde Initiatives dans son numéro de janvier. Mais "la légalisation (…) entraînerait la ruine de milliers de producteurs dans les pays pauvres", alors confrontés à la concurrence des pays industrialisés. Le système bancaire international pourrait même en être ébranlé, les trafiquants réinvestissant leurs milliards de profits dans des banques légales. En France, la légalisation des drogues ne mettrait pas fin aux trafics (voir la contrebande de cigarettes) et provoquerait une dégradation sociale "plus dévastatrice que le mal". Car, "dans les banlieues, le marché de la drogue est une source d'emplois pour les jeunes et contribue à juguler l'effervescence sociale". Aux Pays-Bas, "après avoir testé une libéralisation des drogues douces", les autorités reviennent ainsi "à plus de contrôle". |
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