Le monoxyde de carbone, bon pour le cœur ?

Par Matthieu DURAND, le 20 janvier 2003 à 12h09 , mis à jour le 20 janvier 2003 à 13h34

Davantage connu pour ses méfaits, le monoxyde de carbone, inhalé à faible dose, pourrait réduire les risques de complications chez des sujets traités pour des problèmes cardiaques. Un constat observé pour l'instant chez des rats.

Sciences vignette recherche © INTERNE

Chaque hiver, des installations de chauffage défaillantes rappellent à quel point le monoxyde de carbone (CO) peut être dangereux, voire mortel. Et pourtant, des chercheurs américains de l'université de Pittsburgh ont montré que des "patients" exposés à de très faibles quantités de ce gaz incolore et inodore pouvaient ainsi réduire les risques de connaître de nouveaux accidents cardiaques. Certes, les "patients" en question sont des rats mais les résultats sont encourageants.

L'étude, publiée dans la revue anglo-saxonne Nature Medicine, visait à étudier les traitements utilisés lors de dommages constatés sur deux des principales artères du corps. Les greffes d'aorte (l'artère principale par laquelle le sang quitte le cœur) et l'angioplastie, qui consiste à élargir le rétrécissement de l'artère en positionnant un cathéter dont l’extrémité est munie d’un petit ballon gonflable, sont deux traitements qui peuvent provoquer l'épaississement des vaisseaux sanguins et boucher les artères, ce que l'on nomme l'artériosclérose, explique le site Internet de la BBC.

Après les rats, les porcs

Les chercheurs ont ainsi fait inhaler de faibles quantités de CO à des rats "greffés" immédiatement après leur opération, et ce pendant 56 jours. Ils ont procédé à la même expérience sur d'autres rongeurs mais cette fois-ci avant de les soumettre à une angioplastie. Résultats : l'artériosclérose a été réduite presque aux deux tiers pour le premier groupe et à 74% pour le second. Aucun effet secondaire n'a été constaté chez les rats exposés au monoxyde de carbone.

Selon les chercheurs, le gaz pourrait avoir un effet protecteur contre les maladies vasculaires, en bloquant le processus de formation des lésions provoquées par l'artériosclérose. Soulignant les limites des traitements actuels contre les artères bouchées et leur taux d'échec significatif, le chirurgien Brian Zuckerbraun, co-auteur de l'étude, cité par la BBC, estime qu'un traitement préventif au CO pourrait s'avérer positif à long terme pour les patients. Mais toute application semble à l'heure actuelle prématurée. Les essais sont poursuivis sur des porcs.

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Par Matthieu DURAND le 20 janvier 2003 à 12:09
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