De "nouveaux mondes habitables" pour demain ?

Par Matthieu DURAND, le 09 janvier 2003 à 07h00 , mis à jour le 08 janvier 2003 à 18h15

Des astronomes américains ont identifié la plus lointaine planète hors du système solaire. Originalité : il y pleut du fer ! Leur technique de détection s'annonce prometteuse pour d'autres découvertes.

jupiter sonde voyager planète espace DR: Nasa © INTERNE

Son nom : Ogle-TR-56b. Il s'agit de la planète extra-solaire la plus lointaine jamais découverte. L'honneur en revient à des astronomes américains du Harvard-Smithsonian Center for astrophysics (CFA). Une planète tout à fait unique parmi la centaine de planètes identifiées hors du système solaire, explique le CFA sur son site internet.

Pluies de fer sur Ogle

Première originalité : son éloignement. Ogle est situé dans la constellation du Sagittaire, à environ 5.000 années-lumière de la Terre, "soit 20 fois plus loin que n'importe quelle planète en orbite autour d'une étoile normale, connue à ce jour", indique le CFA. Deuxième originalité : son orbite. La planète évolue plus près de son astre que n'importe quelle autre planète. Par comparaison, la Terre est 50 fois plus éloignée du soleil qu'Ogle de son étoile. Elle boucle ainsi sa révolution en 29 heures, contre 88 jours pour Mercure et 365 pour la Terre.

D'un diamètre 1,3 fois plus grand que celui de Jupiter, pour une masse légèrement (0,9 fois) inférieure, Ogle est une grosse boule de gaz, dont la densité est similaire à celle de Saturne. Sa température atteint près de 1705 degrés Celsius. Phénomène très particulier constaté plus tôt dans l'année par les astronomes : sur Ogle se forment des nuages chargés, non pas de vapeur d'eau, mais… d'atomes de fer. Il y pleut donc du fer.

Une "nouvelle ère de découverte"

Les planètes extrasolaires sont particulièrement difficiles à repérer du fait de leur éloignement et parce qu'elles ne produisent pas de lumière, précise le CFA. Ogle a pu être identifiée alors qu'elle passait directement en face de son étoile, d'un point de vue terrestre. La planète a occulté une petite fraction de la lumière de son étoile, ce qui en a réduit périodiquement l'intensité. Selon le CFA, "l'effet est faible, comme un moustique volant en face d'un projecteur situé à plus de 300 mètres, mais il est détectable". Cette technique dite du transit permet d'étudier plus d'étoiles, plus loin et en moins de temps. Elle facilite aussi la détection de petites planètes ainsi que la mesure de leur taille et de leur densité, assure le Centre d'astrophysique.

"Nous sommes au seuil d'une nouvelle ère d'exploration et de découverte", s'enthousiasme Dimitar Sasselov, à la tête de l'équipe du CFA. "Nous avons trouvé une meilleure façon de détecter des mondes nouveaux dans la Voie Lactée", ajoute-t-il. Et d'assurer : "Nous nous rapprochons de la découverte de nouveaux mondes habitables comme le nôtre".

photo d'ouverture : Jupiter prise par la sonde Voyager ; Ogle-TR-56b est considéré comme un "Jupiter chaud" (Nasa)

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Par Matthieu DURAND le 09 janvier 2003 à 07:00
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