© INTERNEAlors que la ministre de l'Ecologie Roselyne Bachelot s'est rendue lundi sur la côte aquitaine pour évaluer les dégâts causés par les rejets polluants du Prestige, l'association écologiste Robin des Bois a dénoncé "l'inertie des pouvoirs publics et des collectivités locales" face à l'arrivée des boulettes de fioul sur le littoral atlantique. Elle estime notamment que les plans Polmar-Terre auraient du être déclenchés jusqu'au Finistère.
Réveil "brutal" des autorités
"La catastrophe est en route depuis le 19 décembre et il y a seulement eu du verbe jusqu'au 2-3 janvier", a expliqué à tf1.fr Jacky Bonnemain, porte-parole de l'association. Les précautions prévues par le dispositif Polmar n'ont pas été mises en œuvre, a-t-il ajouté. "Les préfets arrivent toujours après la pollution", a-t-il constaté, évoquant les tardifs protection du bassin d'Arcachon et acheminement de moyens anti-pollution à l'île d'Yeu. "La Loire-Atlantique, ses marais, son estuaire, ses productions conchylicoles, ne sont même pas encore en pré-alerte", indique le communiqué.
"En fait, après quelques rodomontades et démonstrations (...) des chalutiers complètement inopérantes sur des nappes fragmentées et indétectables, tous les échelons de la préparation à la lutte se sont engourdis pour les fêtes de fin d'année" et le réveil a été "brutal", déplore l'association. Selon les termes de Jacky Bonnemain, "l'attelage pouvoirs publics-collectivités territoriales" a bien du mal à fonctionner, ces dernières n'ayant pas voulu "compromettre la saison touristique et la saison des huîtres".
"Ramasser tout ce qui traîne"
Réponse ou non aux accusations de Robin des Bois, le ministère de l'Ecologie a publié lundi un communiqué précisant les "moyens conséquents" déployés par le gouvernement : mobilisation de 350 militaires de la Marine nationale et de l'armée de Terre, de près de 300 pompiers et de "125 spécialistes de la Sécurité civile". Enfin, sur les 50 millions d'euros affectés à la lutte contre la pollution, 10 millions sont "déjà mobilisables et permettront aux communes d'engager des CDD afin de nettoyer les plages". "On risque d'exploiter plus facilement les CDD que les bénévoles. Il faudra être très attentif à leurs conditions de travail", prévient Jacky Bonnemain.
"Il faut ramasser tout ce qui traîne, même les petites boulettes de la taille d'une pièce de monnaie susceptibles d'être rejetées en mer ou, plus grave, de provoquer la contamination externe des oiseaux et la contamination interne des poissons", avance le porte-parole de Robin des Bois. Face à cette pollution "longue et imprévisible", il va falloir "énormément de patience, beaucoup de moyens humains et un travail d'équipe, de fourmis pendant des mois et des mois".
Sur le front de la pollution, l’attente… |
Même si de nouvelles boulettes de fioul ont continué à s'échouer sur certaines plages du littoral atlantique dans la nuit de lundi à mardi, un certain répit a été constaté mardi sur le front de la pollution. Dans les Landes, le ramassage s'est intensifié. Sur l'Aquitaine, 500 à 600 personnes devaient participer aux opérations de nettoyage après l'arrivée dans la matinée de renforts, une centaine de militaires et autant de pompiers. Mais alors qu'un des objectifs prioritaires des autorités est de récupérer le maximum de fioul en haute mer, les mauvaises conditions météo ont contraint les 15 bateaux qui luttent contre la pollution à rentrer au port. Sur une plage de La Teste-de-Buch, des "bases de vie" pour que les ramasseurs puissent déjeuner, se réchauffer et se changer devaient être installées. Au large de la Galice, le sous-marin Nautile s'est à nouveau immergé lundi et a poursuivi le colmatage des fissures par lesquelles continue de fuir la cargaison du pétrolier. |
Retour MYTF1
Chargement en cours...



