C'est la molécule qui fait le Béret Vert

Par Matthieu DURAND, le 21 février 2003 à 07h00 , mis à jour le 20 février 2003 à 18h51

Si les soldats d'élite résistent aussi bien au stress, c'est grâce à une molécule qu'ils produisent en plus grande quantité. Son nom : le neuropeptide Y. Une découverte intéressante pour lutter contre le stress post-traumatique.

US ARMY © INTERNE

Les membres des Forces spéciales américaines disposent d'un avantage certain sur les soldats de base. Il s'agit d'une "arme" neurologique qui les rend plus résistants à l'état de stress post-traumatique (ESPT) : le neuropeptide Y (NPY). Cette molécule est générée par le corps pour aider à calmer le cerveau pendant les moments de stress extrême. Une découverte à porter au crédit de Matt Friedmann, directeur d'un centre d'études américain sur l'ESPT dans le Connecticut.

Un avantage génétique ?

L'étude a été menée à Fort Bragg, en Caroline du Nord, après une semaine d'exercices éreintants pendant laquelle des captures et des interrogatoires par l'ennemi ont été simulés sur les soldats, explique la BBC. Résultat : les "Bérets Verts" produisent davantage de NPY dans leur sang et pendant plus longtemps que les autres militaires. Le NPY revient à des niveaux normaux au bout de 24 heures chez ces soldats d'élite, alors qu'il plonge sous la normale chez les autres.

Plus la capacité à "mobiliser" le NPY est grande, plus faible est la probabilité d'être victime de stress post-traumatique. "Si l'on pouvait en faire un traitement, ou si l'on pouvait entraîner les gens à agir sur leur propre neuropeptide Y, cela permettrait de prévenir l'ESPT", selon le chercheur américain. Quant à la capacité des Bérets Verts à endurer le stress, les scientifiques se demandent toujours si elle est d'ordre génétique ou si elle est acquise grâce à leurs entraînements.

         Après le 11 septembre

Cette étude a été présentée lors de la réunion annuelle de l'Association américaine pour l'avancée des sciences (AAAS), à Denver. A cette occasion, des chercheurs ont montré que 7,5% des New-Yorkais ont développé des symptômes de stress post-traumatique dans les 30 jours suivants les attaques terroristes du 11 septembre. Neuf mois plus tard, ils n'étaient plus que 0,6%. Mais scientifiques américains et français ne sont pas d'accord sur la définition de l'ESPT (voir article lié).

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Par Matthieu DURAND le 21 février 2003 à 07:00
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