© INTERNELa lutte contre le sida pourrait bientôt bénéficier d'une nouvelle catégorie d'armes : les microbicides. L'une de ces substances chimiques tueuses de micro-organismes a été testée avec succès sur des singes, indique la revue Nature Medicine.
Crème, gel, éponge
L'équipe dirigée par John Moore, de l'université de Cornell à New York, a appliqué un microbicide contenant de l'anticorps humain b12 dans le vagin de 12 femelles macaques deux heures avant qu'elles aient des relations sexuelles. Résultat : 9 singes sur 12 ont été protégés pendant plus de sept heures contre une infection provoquée par une version du virus VIH. Sans l'anticorps, 12 singes sur 13 ont été infectés. Contrairement à d'autres microbicides, qui peuvent affecter des cellules saines, l'anticorps en question cible de manière spécifique le VIH, précise la revue scientifique.
Appliqués dans le vagin ou l'anus sous forme de crème, de gel ou d'éponge, les microbicides pourraient constituer des boucliers efficaces contre la propagation du sida. Une soixantaine de ces substances chimiques sont actuellement testées pour bloquer le HIV de différentes manières. Exemples : le Carraguard qui, constitué à partir d'un extrait d'algues, crée une barrière physique contre l'infection ou le Buffergel, qui augmente l'acidité pour évincer le virus. Les scientifiques demeurent toutefois prudents : il a été découvert en 2000 que le spermicide nonoxynol-9 augmentait le taux d'infection au VIH.
La barrière du préservatif
Reste que les microbicides offrent l'avantage de briser une autre barrière : celle qui empêche certaines personnes d'utiliser des préservatifs. Et ce, alors que 19,2 millions de femmes dans le monde sont infectées par le VIH (42 millions de personnes sont atteintes du sida/VIH), un chiffre en augmentation.
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