© INTERNESitué à 5 km de la base aérienne américaine de Ramstein, dans le Sud-Ouest de l'Allemagne, le centre médical de Landstuhl, dont les distributeurs n'acceptent que les dollars et la tenue du personnel alterne entre la blouse et le treillis camouflage, accueille depuis lundi les premiers soldats américains blessés dans le Golfe.
Guérir les patients en 7 jours
Dédié en temps de paix aux soins des membres de l'armée comme à l'accouchement de leurs épouses, l'hôpital doit aujourd'hui traiter des patients victimes de blessures infligées au combat, pour la plupart causées par des explosions. La mission de l'équipe de Landstuhl, forte de 1.800 personnes, dont 110 médecins : "Remettre les patients sur pied en 7 jours, pour les renvoyer sur le front. Et, si leur état ne le permet pas, les rapatrier aux Etats-Unis", explique son directeur, le colonel David Rubenstein.
"Depuis octobre 2001 (début de l'opération "Liberté immuable" en Afghanistan, NDLR), nous recevons via l'Internet des informations très précises sur l'état des blessés, depuis le théâtre des opérations, ce qui nous permet d'analyser leur cas avant même qu'ils arrivent chez nous", fait valoir le médecin major Yong Chun. "Le rétablissement d'un patient dépend très fortement de son bien-être. S'il est bien dans sa tête, il guérira toujours plus vite", selon Sally Harvey, 48 ans, neuropsychiatre spécialisée dans les traumatismes post-conflit. Son quotidien dans les prochaines semaines ? "Calmer les angoisses de mort des patients, soigner leurs troubles du sommeil et, souvent, leur sentiment de culpabilité d'avoir quitté les combats", évoque-t-elle.
Capacité limitée
Un travail psychologique qui a son pendant spirituel. L'hôpital compte six aumôniers, chargés d'accompagner les patients, mais aussi leurs familles, invitées à Landstuhl dans les cas les plus graves. "Une fois qu'ils commencent à se plaindre des programmes télé et de la nourriture, cela signifie qu'il est temps pour eux de partir", plaisante Sally Harvey. Avant de murmurer : "Parmi ceux qui sont arrivés lundi, aucun ne devrait pouvoir retourner au combat. L'un des patients a perdu la moitié de sa jambe", murmure-t-elle.
A Landstuhl, on se tient prêt à accueillir de nouvelles vagues de blessés. La capacité de 162 lits pour soins intensifs a été renforcée à plus de 300. Une précaution qui pourrait ne pas suffire. Durant la première guerre du Golfe, en 1991, plus de 4.000 soldats blessés avaient transité en quelques mois par ce centre médical.
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photo d'ouverture : arrivée d'un blessé sur la base aérienne américaine de Ramstein, en Allemagne, avant son transfert à l'hôpital de Landstuhl (archives/AFP)
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