© LCI"Fournir de l'eau potable au milliard d'individus qui en sont dépourvus exige un doublement des investissements, et une refonte de la gestion du secteur dans les pays en développement", estime un rapport publié mercredi en vue du Forum mondial de l'eau (16-23 mars).
Si dans les pays développés l'accès à l'eau potable est une évidence, il en est tout autrement pour une énorme portion de la planète. Actuellement 1,1 milliard d'individus sont sans eau potable et 2,4 sans toilettes et tout à l'égout, rappelle le document établi sous la direction de l'ancien président français du FMI, Michel Camdessus. L'argent consacré à la construction de conduites d'eau potables et de réseaux d'assainissement dans le tiers monde "est tombé récemment à un niveau très bas". L'aide publique au développement (APD, dons et prêts des gouvernements du Nord et des institutions multilatérales) totalise 4 à 4,5 milliards de dollars par an.
"La corruption rebute les investisseurs"
Ce qui est particulièrement inquiétant est qu'actuellement, l'investissement international privé tarit alors qu'il devrait fournir l'essentiel de l'effort supplémentaire. Les multinationales et leurs banquiers reculent devant les crédits à très long terme spécifiques au secteur dont le remboursement est incertain en raison de la mauvaise gestion des services de l'eau des pays bénéficiaires. Ils sont parfois découragés par la corruption qui existe, "dans le secteur de l'eau "comme ailleurs" et "ne sera pas facile à éliminer, notamment dans les sociétés où elle est endémique". Tous ces freins constituent un réel obstacle à l'accès à un paramètre essentiel pour le développement économique de régions entières, en Afrique, mais aussi au Proche-Orient où l'eau a déjà été à l'origine de conflits armés.
Par ailleurs, un rapport de l'ONU coordonné par l'UNESCO et publié mercredi à Paris et Tokyo, reste pourtant teinté d'optimisme. "Malgré le potentiel de conflit que représentent les 263 bassins fluviaux internationaux (la plupart des grands fleuves), les conflits aigus pour exploiter les ressources d'eau transfrontalières ont été dans le passé beaucoup moins nombreux que les accords de coopération entre les pays concernés", En effet, durant les 50 dernières années, quelque 500 conflits sur l'eau ont été dénombrés. Mais seulement 21 ont débouché sur des hostilités ouvertes, presque toutes entre Israël et ses voisins, alors que 200 traités et accords de coopération ont été conclus. De fait, deux tiers des pays souffrant d'une pénurie d'eau absolue (moins de 500 m3/hab/an) sont situés au Proche-Orient et au Maghreb.
Jean Ziegler pour un droit à l'eau reconnu par l'Onu |
Le rapporteur spécial de l'Onu sur le droit à l'alimentation, Jean Ziegler, plaide pour l'établissement d'un droit à l'eau qui soit inclus dans le droit à l'alimentation. Le rapport qui incluse cette proposition sera présenté devant la Commission des droits de l'homme (CDH) de l'Onu qui se réunira à Genève du 17 mars au 25 avril. |
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