Les ONG lancent une alerte humanitaire

Par M.D. avec AFP, le 25 mars 2003 à 16h21 , mis à jour le 25 mars 2003 à 15h43

Les combats et la suspension du programme "pétrole contre nourriture", dont dépend 60% de la population irakienne, pourraient entraîner une grave crise humanitaire, selon les organisations non gouvernementales (ONG).

irak civils départ autobus bagdad exode 190 © INTERNE

"Ceux qui ont déclenché l'offensive militaire doivent endosser la responsabilité de tout désastre humanitaire", a déclaré la secrétaire générale d'Amnesty, Irene Khan. "La population irakienne est très vulnérable et nous ignorons quelle forme prendra ce conflit, sa durée et ses conséquences sur les infrastructures", a indiqué Geoffrey Keele (UNICEF), exhortant toutes les parties "à faire de la sécurité des enfants leur priorité".

Réfugiés

Jusqu'à trois millions de personnes pourraient prendre le chemin de l'exode sur le territoire irakien, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). La moitié de ces déplacés pourraient trouver refuge dans leurs familles tandis que près d'un tiers pourrait avoir besoin d'abris. 600.000 personnes risquent d'affluer vers les pays voisins, auxquels le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) a demandé de garder les frontières ouvertes. Des pays qui devront assurer la sécurité et l'assistance matérielle de ces exilés, a prévenu mardi selon l'agence de l'ONU. Un premier groupe de 275 Soudanais est arrivé jeudi en Jordanie qui, comme la Syrie et l'Iran, a accepté d'installer des camps provisoires.

Eau et nourriture

Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) a mis en garde contre une pénurie prochaine de nourriture en Irak. Les entrepôts du sud et du centre du pays, où le gouvernement est en charge du programme "pétrole contre nourriture", "sont presque vides", selon l'organisation qui a stocké hors du pays des vivres pour deux millions de personnes. Autre préoccupation majeure : l'accès à l'eau potable. L'Unicef voudrait assurer le fonctionnement du système actuel de distribution d'eau, et prévoir, en cas de destruction de celui-ci, un système alternatif de purification de l'eau puisée dans le Tigre.

Appels aux fonds

Les agences de l'ONU (1) disposent de 50 millions de dollars sur les 123,5 millions qu'elles ont réclamés pour se préparer aux conséquences humanitaires de la guerre. L'ONU va lancer mardi un nouvel appel de fonds, comme l'ont fait jeudi la Fédération internationale et le Comité international de la Croix-Rouge. La Commission européenne a aussi appelé jeudi les Quinze à verser une centaine de millions d'euros pour les victimes de la nouvelle guerre. Des aides seront aussi apportées directement par certains pays, comme l'Allemagne (110 millions d'euros) et les Etats-Unis (154 millions de dollars pour de la nourriture et des médicaments). La France et la Grèce notamment ont indiqué être prêtes à envoyer une aide humanitaire en Irak.

         Koffi Annan veut les pleins pouvoirs

Le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, a suggéré jeudi au Conseil de sécurité des Nations Unies de lui donner les pleins pouvoir pour gérer l'aide humanitaire à l'Irak. Le programme "pétrole contre nourriture", suspendu mardi du fait de l'imminence du conflit, doit être rétabli dans les délais les plus rapides, a-t-il souligné.

(1) HCR, PAM, Unicef, Organisation mondiale de la santé (OMS)

 

Par M.D. avec AFP le 25 mars 2003 à 16:21
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