Peste aviaire : craintes d'une épidémie humaine

Par AFP, le 24 avril 2003 à 18h07 , mis à jour le 24 avril 2003 à 22h41

La maladie qui frappe les élevages de volailles aux Pays-Bas est probablement responsable du décès d'un vétérinaire. S'il s'agit d'un cas isolé, certains experts redoutent une pandémie provoquée par une mutation du virus.

Côte d'azur: les paysans en voie de disparition © Manreo

Après la pneumonie atypique, l'Europe va-t-elle connaître une nouvelle épidémie humaine ? La question se pose depuis la mort d'un vétérinaire néerlandais, contaminé par le virus de la peste aviaire qui sévit aux Pays-Bas et menace les élevages d'Europe.

Recombinaisons génétiques

Le virus en cause, "un virus aviaire influenza A/H7N7, responsable de la peste aviaire classique, n'a provoqué jusque là que des symptômes bénins, essentiellement des conjonctivites", explique à l'AFP Bernard Vallat, directeur général de l'Office international des épizooties, basé à Paris. "Ces virus influenzae aviaires sont très surveillés car ils ont une propension à muter et à devenir dangereux pour l'homme", rappelle-t-il. Les contacts entre virus humain et aviaire de grippe peut favoriser, par le biais d'échanges et recombinaisons génétiques, l'émergence d'une nouvelle souche susceptible de provoquer une nouvelle pandémie, comme la "grippe espagnole" de 1918-1919.

Toutefois, selon le virologue Albert Osterhaus de Rotterdam, le décès du vétérinaire, qui n'avait pas pris d'antiviraux contre la grippe, est "un cas isolé". Des analyses du virus H7 de la victime sont en cours pour voir s'il a changé (muté) depuis son irruption en février. Au décès du vétérinaire le 17 avril, s'ajoutent de "solides preuves" de transmission interhumaine du virus, selon le virologue Ron Fouchier du Centre Medical Erasme, à Rotterdam. Il a relevé en trois occasions une transmission du virus par des ouvriers d'exploitations de volailles à des membres de leur famille.

La France préservée

Les mesures pour combattre cette peste aviaire comprennent, outre l'abattage des volatiles, le traitement par antiviraux anti-grippe des malades, et, à titre prophylactique, des personnels exposés, voire la vaccination anti-grippe, et, comme pour le SRAS, le lavage des mains. "En France, on a réussi jusqu'alors à s'en prémunir, la désinfection des camions a bien fonctionné jusqu'à présent", assure Bernard Vallat. "Le virus se conserve plusieurs jours dans certaines conditions, bien à l'ombre et dans l'humidité d'un camion frigorifique par exemple, plusieurs jours sur les œufs et même les boîtes d'œufs ", ajoute-t-il. Mais "manger du poulet ne présente actuellement aucun danger", rassure-t-il.

         Volailles et cochons sous surveillance

La grippe aviaire touche poules ou dindons, et les canards sauvages migrateurs, qui jouent un rôle de disséminateurs. Les Pays-bas ont abattu et incinéré plus de 15 millions de volatiles. L'extermination pourrait toucher les cochons s'ils venaient à tomber malades, l'espèce contribuant à l'apparition de variants de virus grippaux. Mais pour l'instant seul un contact avec le virus H7 (présence d'anticorps) a été détecté chez certains d'entre eux aux Pays-Bas.

 

Par AFP le 24 avril 2003 à 18:07
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