© Manreo"L'OMS se trompe". Le ministre canadien des Transports David Collenette n'y est pas allé par quatre chemins pour critiquer jeudi l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Celle-ci déconseille depuis mercredi aux voyageurs de se rendre à Toronto — ainsi qu'à Pékin et dans la province chinoise du Shanxi.
Mais vendredi des responsables de la santé au Canada ont affirmé qu'ils allaient "présenter des éléments actualisés" au directeur de l'OMS mardi et qu'une décision serait prise de "lever ou non la recommandation", a déclaré le Premier ministre de l'Ontario, Ernie Eves.
Dans la ville canadienne, l'épidémie "a continué de prendre de l'ampleur et a touché des groupes de personnes extérieurs aux premiers groupes à risques", selon l'agence. Vendredi, deux nouveaux décès ont été constatés portant le nombre total de victimes à 18. De plus "un petit nombre de personnes infectées par le SRAS, qui se trouvent maintenant dans d'autres pays du monde, semblent avoir contracté l'infection à Toronto", a souligné l'OMS.
"Risque faible"
Réplique du ministre canadien en visite à Londres : "Nous ne sommes pas dans la même catégorie que Hong Kong ou Pékin (...) c'est un pays riche avec un des meilleurs systèmes de santé au monde". Et d'assurer : "La plupart des gens qui ont été en contact avec le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère, NDLR) sont en train de guérir. Le problème est en train d'être traité et la situation est sous contrôle". Les autorités ont annoncé 327 cas recensés jeudi.
"Le risque de contracter le SRAS est extrêmement faible à Toronto et dans le reste du pays il est pratiquement infinitésimal", a estimé le ministre, ajoutant : "Il n'y a pas de raison de ne pas venir au Canada". Il a d'ailleurs trouvé un allié de choix en la directrice des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) américains, Julie Gerberding, qui a annoncé jeudi "ne pas inclure Toronto dans la liste des pays où les restrictions de voyage sont appropriées". Vendredi, l'OMS a maintenu "très fermement" sa recommandation en se fondant "sur les preuves" qu'elle possède de l'ampleur de l'épidémie.
Raffarin "très heureux"
Autre pays incriminé : la Chine. L'OMS lui a reproché son manque de transparence dans la gestion de l'épidémie. Les pays voisins de la Chine devraient se joindre à ces critiques samedi, lors samedi lors de la réunion à Kuala Lumpur (Malaisie) des ministres de la Santé des pays d'Asie du sud-est sur la propagation de la maladie dans la région. Un sommet sur ce thème est prévu le 29 avril à Bangkok (Thaïlande). Selon des analystes, les pays de l'Asean ne devraient cependant pas s'attaquer de front à la Chine, pour ne pas compromettre leurs exportations sur cet immense marché.
L'OMS s'est déclarée inquiète de l'ampleur de l'épidémie de SRAS en Chine, notamment dans la province du Shanxi et à Pékin. Dans la capitale, les hôpitaux du Peuple et Ditan à Pékin ont ainsi été placés en quarantaine, de même qu'environ 4.000 personnes, à leur domicile. Le ministère de la Santé chinois a rapporté vendredi 180 nouveaux cas de pneumonie atypique et cinq morts de plus, soit 115 au total. Une note d'optimiste : dans le Guangdong, "le nombre de nouveaux cas signalés commence à ralentir", selon l'OMS. Dans ce concert de critiques, la Chine bénéficie toutefois du soutien de Jean-Pierre Raffarin, qui s'est déclaré "très heureux d'être en Chine".
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