Comprendre le séisme algérien

Par Matthieu DURAND, le 03 juin 2003 à 07h00 , mis à jour le 03 juin 2003 à 09h42

A la suite du séisme du 21 mai dernier, les scientifiques français ont proposé leur aide à leurs homologues algériens. Objectif : mieux gérer le risque sismique dans la région.

séisme algérie immeubles mai 2003 © INTERNE

Après l'envoi de sauveteurs, la mobilisation de ressources sanitaires et le déblocage d'une aide financière (30 à 50 millions d'euros), la France exprime une nouvelle fois sa solidarité à l'égard de l'Algérie, meurtrie par l'important séisme du 21 mai dernier (1). Cette fois-ci, c'est une trentaine de chercheurs du CNRS qui vont travailler main dans la main avec leurs homologues du Centre de recherche en astrophysique, astronomie et géophysique d'Alger (CRAAG).

"L'enjeu est d'étudier ce séisme pour mieux quantifier l'aléa sismique dans la région", c'est-à-dire la probabilité qu'un séisme se produise ou non, a indiqué lundi le CNRS dans un communiqué. "A terme", ajoute l'organisme, il s'agit "de mieux gérer le risque sismique (aléa multiplié par les facteurs humains, NDLR), comme par exemple la vulnérabilité des constructions".

Equipe pluridisciplinaire

Le Groupe d'intervention post-sismique du CNRS a ainsi mis en place une équipe pluridisciplinaire organisée autour de quatre domaines de recherche : sismologie, tectonique, géodésie et géophysique marine. Après le séisme, "des stations sismologiques ont été déployées en urgence" en complément du dispositif algérien, et d'autres stations doivent être prochainement installées dans le fond de la mer. Objectif : "enregistrer les répliques du séisme principal". Depuis le 21 mai, plus d'un millier de répliques ont en effet été ressenties dans la région d'Alger. Les trois dernières - 3,8 degrés sur l'échelle de Richter pour la première et 4,2 degrés pour la suivante - ont été enregistrées entre dimanche soir et lundi soir à Zemmouri, à 70 km à l'est de la capitale algérienne.

La déformation du sol fait déjà l'objet d'un suivi continu par le biais de stations géodésiques. L'imagerie spatiale est également "mise à contribution pour quantifier la déformation co-sismique et les dégâts", précise le CNRS. L'hypothèse d'un glissement de terrain sous-marin, à l'origine du séisme, sera par ailleurs vérifiée dans le cadre d'une campagne de géophysique marine, que le CNRS et l'Ifremer avaient déjà planifiée en août 2003. Elle devrait fournir "une analyse détaillée des fonds sous-marins et de la rupture", selon le communiqué.

Répercussions

Ce déploiement scientifique permettra enfin d'étudier les répercussions du séisme — "un événement majeur à l'échelle de la Méditerranée occidentale", selon le CNRS —qui se sont fait sentir en France, en Espagne et en Italie. "Une vague de tsunami" a ainsi été observée aux Baléares et sur les côtes françaises. L'organisme de recherche rappelle à ce titre que l'activité sismique en Algérie "résulte de la collision entre les continents africain et européen, entraînés par la tectonique des plaques".

(1) 2.268 morts et 10.147 blessés, selon les derniers bilans provisoires officiels.

e-TF1 n'est aucunement responsable du contenu des sites externes
pour lesquels elle offre des liens.

Par Matthieu DURAND le 03 juin 2003 à 07:00
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Sciences
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      • Le grand quiz de l'info
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        Nous recommandons
        logAudience