© INTERNETemps fort de la première Semaine du développement durable (lire article lié), la première réunion du comité interministériel pour le développement durable qui s'est conclue mardi par l'adoption d'une stratégie nationale de développement durable (SNDD), destinée à concilier croissance économique, respect de l'environnement et progrès social.
Mobilisation de tous
"Six axes stratégiques" et "dix programmes d'actions" ont ainsi été définis. Objectif numéro un : obtenir "la participation des tous les acteurs", les citoyens comme les collectivités (notamment en régions), les consommateurs tout autant que les entreprises. L'Etat donnera l'exemple, avec des objectifs sur cinq ans : baisse de 20% des consommations d'énergie, 20% d'économies d'eau, taux de recyclage de 60% des papiers blancs. Afin d'éviter que ces engagements restent lettre morte, un bilan sera présenté chaque année au Parlement. Mais au-delà de l'Etat "exemplaire", c'est toute la politique française qui doit être "durable" : transports (plan "véhicules propres"…), énergie, agriculture (relance de la filière biologique…), préservation des milieux.
Pour changer les comportements, le gouvernement mise sur l'information, l'éducation — l'environnement figurera au programme scolaire dès la rentrée 2003 — et l'incitation plutôt que sur la contrainte. Pas d'extension de la Taxe générale sur les activités polluantes, honnie des entreprises, mais des engagements "volontaires" des branches professionnelles pour réduire leurs rejets, leurs déchets ou les risques industriels.
Santé
Cela n'exclut pas des mesures de rétorsion à l'encontre des contrevenants. Un Office central pour lutter contre les atteintes à l'environnement et à la santé sera créé sur le modèle de l'Office central de répression des fraudes. Le gouvernement veut d'ailleurs "mieux prévenir les risques et les pollutions" grâce à l'adoption d'un plan "santé-environnement" en 2004 et à la création de 550 postes d'inspecteurs de sites d'ici à 2007.
Enfin, le gouvernement entend promouvoir le développement durable à l'échelle de la planète, et particulièrement en Afrique et dans la région méditerranéenne. La France défendra aussi la création d'une organisation mondiale de l'environnement. Une stratégie ambitieuse donc. Reste à savoir si elle convaincra les plus sceptiques, tels les chercheurs, confrontés à la baisse de leurs budgets, et certains écologistes comme Bruno Rebelle, le directeur de Greenpeace-France, qui a attaqué la "politique de renoncement durable" du gouvernement. L'ancienne ministre de l'Environnement d'Alain Juppé, Corinne Lepage, accuse pour sa part le gouvernement Raffarin de "réduire la politique écologique à une simple politique de communication", dans un essai publié lundi.
photo d'ouverture : archives
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