© INTERNEPour la première Semaine du développement durable, qui a débuté lundi, les Français sont appelés à faire le lien entre leurs gestes quotidiens et leur impact sur des phénomènes comme le changement climatique, la pollution et l'épuisement des ressources naturelles. La "manifestation", organisée par le gouvernement, sera appelée à se renouveler chaque année à l'occasion de la Journée mondiale de l'environnement de l'ONU (5 juin). Reste à savoir si en cette période d'actualité chargée, les Français accorderont suffisamment d'attention au développement durable, dont un tiers d'entre eux n'a jamais entendu parler, selon un sondage commandé par la secrétaire d'Etat chargée du dossier, Tokia Saïfi.
Changements en profondeurs
Le développement durable cherche à concilier croissance économique, respect de l'environnement et équité sociale (réduction des inégalités et du fossé Nord-Sud). "Le développement durable impose des changements en profondeur dans les comportements et les habitudes à tous les niveaux de la société", relèvent les services de Tokia Saïfi.
Et de citer les gestes bons pour la planète, "éteindre la lumière en sortant d'une pièce", "trier ses déchets", "prendre moins souvent sa voiture", "respecter les limitations de vitesse" par exemple. Ou encore choisir pour voyager des "tour operators solidaires qui reversent une partie du prix du voyage pour le développement du pays visité". "Un réacteur nucléaire pourrait être fermé si chacun d'entre nous éteignait ses appareils (téléviseur, magnétoscope) plutôt que de les mettre en veille", notait de son côté le ministère de l'Industrie à l'occasion du Débat national sur l'énergie.
Critiques
La Semaine donnera lieu à quelque 1.500 initiatives publiques et privées, colloques, expositions, animations, journées portes ouvertes, actions de communication des entreprises, émissions télévisées. Elle aura pour clou l'adoption mardi, lors d'un comité interministériel présidé par le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, d'une Stratégie nationale de développement durable que Tokia Saïfi définit comme "un plan d'action transversal engageant les politiques publiques sur cinq ans".
La stratégie gouvernementale est cependant loin de faire l'unanimité, le directeur de Greenpeace-France Bruno Rebelle la qualifiant même de "politique de renoncement durable". Plus grave, la Charte de l'environnement a fait l'objet de vifs désaccords au sein de la commission chargée de son élaboration et sa présentation en Conseil des ministres a du être reportée du 4 au 25 juin. Mardi dernier, le biologiste Jacques Testard a démissionné avec éclat de la présidence de la commission française du développement durable pour protester contre le manque de moyens de cet organisme (lire l'article lié).
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photo d'ouverture : le logo officiel de la Semaine du développement durable (DR)
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