© INTERNE"Il est trop sénile, trop handicapé pour conduire". Ce genre de constat, souvent entendu, s'inscrira bientôt sans arbitraire dans un cadre législatif. Un rapport officiel sera remis début juillet au Premier ministre, définissant les "contre-indications médicales à la conduite".
Alzheimer et somnifères
Les spécialistes se sont notamment penchés sur les maladies psychiatriques. Ils préconisent que soient interdites de volant les personnes souffrant de "démence documentée", c'est-à-dire dossier médical faisant foi. Les malades d'Alzheimer ne pourront plus conduire. C'est déjà le cas pour la plupart d'entre eux. En revanche les épileptiques pourront continuer à le faire.
Selon les recommandations du rapport de 80 pages, qui doivent être validées par le gouvernement, certaines prises médicamenteuses, comme les somnifères, formeront aussi des contre-indications médicales à la conduite, tant que le produit sera actif. Les porteurs d'un défibrillateur cardiaque implantable se verront aussi interdire de volant. Ainsi que les sujets amputés d'une main ou d'un avant-bras, à moins qu'ils procèdent à une adaptation de leur véhicule. En terme de vision, les experts ont dressé un cadre strict, si une correction oculaire suffisante n'est pas possible. Des conducteurs, notamment âgés, pourraient se voir interdire de volant de nuit ou pour des longs trajets.
Objectif : prévention
Les règles seront plus sévères pour les professionnels de la route, comme les chauffeurs de cars ou de poids lourds. Ceux-ci doivent déjà passer une visite médicale obligatoire pour exercer. Le rapport a été élaboré par une trentaine de spécialistes nommés par décret début avril : généralistes, psychiatres, ophtalmologues, neurologues, gérontologues, néphrologues, orthoptistes, cardiologues, etc. Des endocrinologues ont aussi travaillé sur les automobilistes diabétiques. Un des médecins-experts a expliqué à l'AFP que leur souci a été de "ne pas désocialiser", la voiture étant un vecteur social. Selon lui, les interdictions pour maladie sont limitées aux cas où il y a danger "pour le conducteur ou les autres".
Objectif du gouvernement : une évaluation préventive pour tous les Français, avec un accent mis au début sur les plus jeunes (à l'examen du permis) et les plus âgés. A partir de 75 ans, les conducteurs seront astreints à une visite médicale obligatoire tous les deux ans. En dessous de 75 ans, la périodicité des visites sera plus longue, probablement de dix ans. Le médecin de famille aura un rôle important dans la délivrance des certificats d'aptitude. Si un conducteur se voit refuser par son médecin un tel certificat, il pourra en appeler à un spécialiste agréé, voire à une commission médicale, qui tranchera.
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