Plages : que faire face aux galettes ?

Par Matthieu DURAND, le 18 juin 2003 à 07h00 , mis à jour le 17 juin 2003 à 16h21

Des traces de fioul sur les mains ou sur la planche à voile, cet été ? Pour s'en débarrasser facilement, la direction générale de la Santé recommande quelques gestes simples.

Des milliers de boulettes de fioul sur le littoral aquitain © Manreo

Même si les plages de la côte atlantique ont été nettoyées et font l'objet d'une surveillance régulière, la présence de boulettes et de galettes de fioul ne sont pas à exclure cet été — qu'il s'agisse de pollutions "oubliées" par les nettoyeurs ou qu'elles proviennent d'un énième renvoi de l'épave du Prestige. Au cas où les vacanciers entreraient en contact avec ces produits, la direction générale de la Santé (DGS) a établi plusieurs recommandations.

Produits gras

Première mesure de bon sens : surveiller les enfants pour éviter notamment qu'ils avalent du sable. En cas de contact avec du fioul (voir encadré ci-dessous), il est recommandé d'enlever le maximum de produit à l'aide de papier absorbant ou de papier journal, si possible sans en rejeter à l'eau, ni sur le rivage. Les tâches restantes peuvent être enlevées avec un produit gras : crème solaire, huile végétale ou vaseline. Il convient ensuite de nettoyer la peau avec un savon doux puis de rincer à l'eau.

Les vacanciers sont invités à limiter au maximum les rejets dans les canalisations — en clair, il ne faut pas rincer dans la baignoire des bottes ou des vêtements pleins de fioul. Surtout, l'usage de solvants, de white spirit, d'essence, d'huile de moteur ou de produits abrasifs est à bannir. Au Centre de documentation, de recherche et d'expérimentation sur les eaux polluées (Cedre), on incite également les estivants à se méfier d'éventuels "produits détachants miracle" que pourraient proposer des vendeurs à la sauvette. En cas de projection de produit dans les yeux ou de chute dans le fioul, la consultation d'un service spécialisé s'impose.

Alerte

Beaucoup moins grave, si les surfeurs, véliplanchistes et marins constatent des tâches sur leur matériel nautique, ils doivent "arrêter la pratique de leur activité". Toute pollution doit être systématiquement signalée aux autorités : surveillants de baignade, équipes de secours, syndicat d'initiative, mairie… Les autorités locales sont d'ailleurs censées avoir pris toutes les mesures adéquates pour gérer l'apparition de boulettes sur leurs côtes (information à la population, fermetures de sites, décontamination…).

          Irritations

"Les principaux effets sanitaires éventuels sont liés au contact cutané direct avec le fioul et consistent en des irritations (rougeurs) et une sensibilité particulière au soleil des zones de la peau qui auraient pu être souillées par le fioul", indique la DGS dans une directive du 2 avril 2003. S'appuyant sur des "travaux d'expertise français", émis par plusieurs organismes (1), la DGS estime que "le niveau d'exposition est trop faible pour créer un risque significatif de cancer".
(1) Institut national de veille sanitaire, Institut national de l'environnement industriel et des risques, Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement

Par Matthieu DURAND le 18 juin 2003 à 07:00
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