© INTERNEA quoi sert la Journée internationale de l'environnement, qui se déroule jeudi, demandent les plus sceptiques ? Au minimum, à prendre conscience des menaces qui pèsent sur notre planète. Ceux qui estiment connaître ces dangers, ou plutôt qui croient les connaître, feraient bien de lire Mal de Terre d'Hubert Reeves (1). Un état des lieux implacable que l'on referme avec malaise, pour ne pas dire écœurement.
Rigueur et prudence
Dans le cadre d'un long entretien avec le philosophe et sociologue Frédéric Lenoir, l'astrophysicien a choisi d'aborder chaque problème — le réchauffement climatique, la pollution, l'extinction des espèces, l'épuisement des ressources naturelles… — avec un regard impartial et un esprit critique, loin des passions et des préjugés. Pas d'alarmisme gratuit mais une présentation des faits rigoureuse et prudente, à la lumière des recherches les plus récentes (2). Avantages et inconvénients, scénarios "optimistes" et "pessimistes" sont tour à tour abordés.
Une approche raisonnée qui n'empêche pas les doutes, les questionnements. Sur les OGM ou le nucléaire, dont Hubert Reeves a longtemps été un "ardent défenseur" avant de se rendre compte qu'il s'agit d'une technologie que l'homme ne maîtrise pas. Il privilégie donc le fameux "principe de précaution" (voir l'article lié). "Si vous voyez le feu dans votre cuisine, vous vous alarmerez avant d'avoir la certitude absolue qu'il y a le feu", justifie-t-il. Quant à Frédéric Lenoir, il n'hésite pas à apporter la contradiction ou à abandonner son rôle d'intervieweur pour apporter ses propres développements.
Autodestruction
La méthode plantée, le scientifique délivre un terrible constat : nous vivons une crise écologique majeure. Le responsable : l'homme, bien sûr. Le seul être vivant qui semble ne pas savoir vivre en harmonie avec son écosystème. La terre, l'eau, l'air, jusqu'à l'espace : l'homme souille, détruit, tue tout ce qui l'entoure, inconscient du mal qu'il se fait à lui-même. Car c'est bien l'homme qui court les risques les plus importants. La nature, elle, est d'une "robustesse extraordinaire" : elle "continuera à s'adapter et à foisonner comme elle le fait depuis quatre milliards d'années".
Dans ce sombre tableau, quelques touches d'espoir, comme l'intérêt croissant des citoyens pour l'écologie. Les solutions existent. Les exemples l'attestent, la sauvegarde de la planète passe par l'entente entre les scientifiques, les industriels et les gouvernants. "Dans la tempête, quand le navire menace de sombrer, les marins, oubliant leurs conflits et leurs querelles, s'unissent pour tenter de sauver le navire", insiste Hubert Reeves. A méditer.
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(1) Hubert Reeves avec Frédéric Lenoir : Mal de Terre, Seuil, 221 pages, 20€.
(2) Chaque fait ou chiffre énoncé renvoie à une source précise (livre, site Internet, rapport...) dont les auteurs donnent les références.
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