La santé vient en buvant

Par AFP, le 26 juin 2003 à 11h36 , mis à jour le 26 juin 2003 à 11h58

La consommation de vin rouge est bénéfique à l'organisme. Ce que les chercheurs résument par l'expression : "French paradox". Mais la modération reste de mise.

Le vin liquoreux de Cadillac © Manreo

Le "French paradox" est plus que jamais d'actualité. Le salon Vinexpo à Bordeaux lui consacre un colloque scientifique. Ce concept, lancé il y a dix ans, peut se résumer par la formule : pour vivre vieux, buvons du vin, mais modérément.

Effets protecteurs

Les participants au colloque, organisé par l'Office international de la vigne et du vin (OIV), ont mis l'accent sur les récentes études menées dans divers pays (Etats-Unis, France, Danemark, Italie, Pays-Bas). Elles concluent toutes aux effets protecteurs du vin, non seulement contre les maladies cardio-vasculaires, mais aussi contre le cancer, le diabète ou l'arthrite. Pour le professeur Jean-Marc Orgogozo, chef de service de neurologie au CHU de Bordeaux, le vin protègerait aussi des maladies de dégénérescence du cerveau, comme l'Alzheimer, à condition de ne pas se mettre à l'alcool à un âge trop avancé.

Selon ces études, la consommation modérée de vin rouge — deux ou trois verres par jour, soit environ 50 cl à prendre de préférence au moment des repas — a un effet bénéfique sur les différents métabolismes de l'organisme, grâce à diverses substances qu'il contient. Schématiquement, l'éthanol fait ainsi "monter" le bon cholestérol, le HDL, réduisant les risques de maladies cardio-vasculaires. Les polyphénols, composés d'anti-oxydants, favorisent la circulation sanguine et diminuent les risques de thrombose, de même que le monoxyde d'azote contenu dans le vin.

Un produit de plaisir

Le "paradoxe français" est né de la constatation qu'en France, pour une consommation de graisse comparable à celle de pays comme le Danemark, le taux de mortalité cardio-vasculaire était trois fois inférieure, cette différence s'expliquant en partie par la consommation de vin. Dès lors, le vin pourrait-il être considéré comme un médicament ? "Non, tranche Jean-Claude Ruf, chef de l'unité Oenologie, Vin et Santé à l'OIV. C'est un produit de plaisir qui, consommé modérément, est bon pour la santé". "Les consommateurs doivent être responsables, notamment ceux qui prennent le volant", souligne-t-il.

         L'eau a détrôné le vin

En France, premier producteur et consommateur au monde, la consommation de vin croît avec l'âge, selon une étude de l'Onivins : 22 litres par an pour les moins de 24 ans contre 93 pour les 50-64 ans, pour une moyenne nationale de 61 litres. S'il reste majoritaire dans la consommation d'alcool, le vin a cependant été détrôné ces dernières années par les eaux en bouteille.

Par AFP le 26 juin 2003 à 11:36
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