© INTERNEDes entreprises ont réussi jeudi à faire remonter à la surface de l'eau douce en provenance d'une source sous-marine captée en pleine mer Méditerranée par 36 m de fond, entre Menton et Vintimille (Italie). C'est une première mondiale selon les concepteurs de l'expérience. La source sous-marine d'eau douce, découverte au début des années 1980, se situe à 800 m du rivage, au lieu dit la Mortola, en territoire italien. Elle provient directement d'un massif alpin.
Moins d'un gramme de sel par litre
"L'eau de la Mortola contient moins d'un gramme de sel par litre d'eau contre 38 grammes de sel par litre dans la Méditerranée", a déclaré à l'AFP Paul-Henri Roux, directeur commercial de la société Nymphea Water (1). Elle "est légèrement saumâtre mais elle peut être utilisée sans modification pour l'agriculture et traitée à moindre frais. Mélangée à d'autres sources d'approvisionnement en eau potable, elle pourrait être consommable".
"La difficulté technique a été double : isoler l'eau de source de l'eau de mer pour qu'elle parvienne à la surface sans contamination, ensuite gérer le débit de l'eau de source qui peut varier de un à dix en fonction des saisons", a précisé Paul-Henri Roux. L'eau de source arrive à la surface par un tube en acier inoxydable, fixé sur un socle placé au fond de l'eau, et se déverse jusqu'à 100 litres par seconde dans une vasque en forme de fleur ouverte en corolle. La réalisation du projet, qui a nécessité trois ans d'études et de développement, a coûté cinq millions d'euros. Dès jeudi, les plaisanciers étaient invités à se servir.
Perspectives et critiques
Nymphea Water se donne un délai d'un an pour observer le rejet de l'eau de source avant d'entreprendre une production industrielle avec l'installation d'un pipeline jusqu'au rivage. Les promoteurs du projet ont affirmé disposer d'une concession italienne pour réaliser les essais et solliciteront une concession d'exploitation avant la phase opérationnelle définitive. Les municipalités de Menton et de Vintimille ont d'ores et déjà manifesté leur intérêt pour diversifier leur approvisionnement en eau.
"Cette innovation technologique ouvre des perspectives considérables face aux pénuries d'eau potable que connaissent de nombreux pays qui, eux aussi, possèdent des sources sous-marines dans leurs eaux territoriales", affirme Paul-Henri Roux. L'association écologiste Robin des Bois a, pour sa part, dénoncé "ce vol d'eau qui (...) se fait sans permis de recherche, sans enquête publique et sans étude d'impact environnemental préalable".
(1) filiale du groupe Geocean, entrepreneur de travaux maritimes associé à la Comex
photo d'ouverture : la source
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