Incendies : la maison qui gâche la forêt

Par AFP, le 31 juillet 2003 à 07h00 , mis à jour le 31 juillet 2003 à 22h02

L'urbanisation et les zones forestières gagnent toutes deux du terrain et se rapprochent l'une de l'autre. Ce qui augmente les risques d'incendies. C'est particulièrement vrai dans le Sud-Est de la France.

incendie feu villa var juillet 2003 © INTERNE

L'urbanisation est pointée du doigt comme facteur aggravant des incendies de ces derniers jours. Pour deux raisons : elle multiplie les risques de départ de feux et elle contraint les pompiers à protéger les maisons au détriment de la lutte contre les foyers.

"Mitage" de la forêt

La loi Littoral interdit théoriquement la construction dans les zones non urbanisées sur une bande de 100 mètres à partir du rivage, et la limite dans les espaces proches du rivage. Et pourtant, la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur arrive en tête des constructions de logements de 1980 à 1996. La densité de population sur le littoral des Alpes-Maritimes est de 2.500 habitants par km2, contre 108 hab/km2 pour la moyenne nationale et 60 hab/km2 dans les Landes et la Gironde.

La densité de population sur la côte a poussé à construire villas et lotissements dans l'arrière pays, en lisière de la forêt. Comme la forêt gagne elle aussi du terrain, du fait de l'abandon de terres agricoles, les zones tampons entre habitations et forêts se réduisent. Ce "mitage" de la forêt par des habitations "multiplie les points potentiels de départ d'incendies accidentels", souligne le ministère de l'Ecologie. La "désertification rurale est un facteur d'incendie", a par ailleurs indiqué jeudi Roselyne Bachelot sur Europe 1. Selon la base de données Prométhée, qui recense les feux sur les 15 départements méditerranéens, 80% des incendies ont une cause humaine.

Inondations contre incendies

Les préfets peuvent restreindre, voire interdire la construction dans les zones à risque d'incendie, à travers les "Plans de prévention des risques d'incendies de forêt" (PPRIF, lire l'encadré ci-dessous). Selon le ministère de l'Ecologie, seulement 30 communes disposent d'un PPRIF à ce jour, et aucune dans le Var. On en compte 9 dans les Alpes-Maritimes, 2 en Ariège, 9 dans les Hautes-Pyrénées et 10 en Charente-Maritime. 74 PPRIF sont en cours d'élaboration. Là encore, aucune commune du Var n'est concernée.

"Nous avons bien avancé sur les plans de prévention du risque inondation mais nous avons pris du retard sur ces plans de prévention risque incendie de forêt", a regretté Roselyne Bachelot. "J'ai envoyé des instructions aux préfets concernés pour qu'ils soient extrêmement volontaristes sur l'édiction de ces plans". Evoquant le "plan de restauration du massif" des Maures déjà annoncé par le Premier ministre, la ministre a mis l'accent sur la "restauration fonctionnelle, pour permettre de mieux combattre les incendies".

          PPRIF : rouge, bleu, blanc

Les "PPRIF", créés par la loi en 1995, définissent trois zones : une zone rouge inconstructible car indéfendable face aux feux, une zone bleue où l'autorisation de construire s'accompagne de prescriptions (comme le débroussaillage sur 50 mètres autour des habitations) et une zone blanche constructible. Concrètement, pour que les PPRIF voient le jour, il faut que les communes soient candidates, et que les maires résistent aux pressions pour décrocher des permis de construire dans les zones à risque.

 

Par AFP le 31 juillet 2003 à 07:00
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