© INTERNELe manteau terrestre, formé de roches chaudes et pâteuses, est situé sous la croûte terrestre à une profondeur comprise entre 10 km et 2.900 km environ. Il renferme une quantité de carbone "gigantesque", comparée à celle combinée qui est stockée dans l'atmosphère, le sol et les océans, observe Hans Keppler de l'Université allemande de Tübingen, dans l'hebdomadaire scientifique britannique Nature. Une fuite de ce réservoir dans l'atmosphère, sous forme de gaz carbonique (CO2), provoquerait un gigantesque effet de serre, lui-même source d'un réchauffement incontrôlable de la planète.
En laboratoire
Pour déterminer la probabilité d'une telle catastrophe, il est impossible de faire des prélèvements de roches du manteau terrestre. Les chercheurs ont donc recréé en laboratoire les conditions de pression (3,5 gigapascals) et de températures (environ 1.200 degrés Celsius) du manteau terrestre. Ils ont, à partir d'oxyde de magnésium et de dioxyde de silicium, fabriqué de l'olivine, minéral dominant avec les carbonates dans les roches à cette profondeur de la Terre. Le carbone, exposé à l'eau et l'olivine, ne s'est pas dissous dans la roche, à l'exception d'une infime fraction. "S'il ne peut pas se fixer dans l'olivine, il ne peut raisonnablement se fixer que dans les carbonates", relève Hans Keppler, joint au téléphone par l'AFP.
Alors que l'olivine est capable de résister aux températures du manteau terrestre sans fondre, les carbonates ont un point de fusion beaucoup moins élevé. Ils pourraient se fissurer en cas d'éruption volcanique majeure et remonter à la surface de la Terre. "Dès que les carbonates seront remontés dans le manteau terrestre à une profondeur de 40 à 60 kilomètres, ils se décomposeront et relâcheront du carbone" qui, à travers les fissures du globe, passera dans l'atmosphère.
Dans le passé, déjà…
"Des phénomènes de ce genre, avec un changement brutal des concentrations de CO2 dans l'atmosphère, se sont déjà produits à diverses époques reculées de la Terre. Ils ont été accompagnés d'extinctions en masse d'espèces", relève-t-il. Ainsi, à la fin du permien, il y a quelque 245 millions d'années, 96% des espèces vivant dans les océans et plus des trois quarts des espèces de vertébrés terrestres ont disparu. Un peu plus récemment, à la fin du triasique, il y a environ 208 millions d'années, la moitié des espèces du globe ont été éliminées soudainement.
photo d'ouverture : le volcan Popocatepetl a émis samedi dernier pendant trois minutes une colonne de cendres de trois kilomètres de haut qui a recouvert d'une fine couche la ville de Mexico (AFP) .
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