Un astéroïde pas si menaçant

Par Matthieu DURAND avec AFP, le 04 septembre 2003 à 07h00 , mis à jour le 04 septembre 2003 à 12h15

Fausse alerte : après avoir annoncé qu'il y avait une probabilité sur 909.000 que l'astéroïde 2003 QQ47 s'écrase sur Terre en mars 2014, les experts ont affiné leurs observations. Tout danger est écarté.

astéroïde météorite terre espace DR: DVD Impacts éditions montparnasse © INTERNE

Le 21 mars 2014, l'astéroïde 2003 QQ47 pouvait percuter la Terre mais la probabilité d'un tel évènement était évaluée à 1 sur 909.000 et devait encore se réduire, indiquaient mardi les astrophysiciens. Ils avaient raison : selon Ron Baalke de la NASA, les nouvelles estimations de son orbite laissent à penser que l'astéroïde épargnera la Terre.

Suivre les objets

Tant mieux, l'objet céleste, d'une masse d'environ 2.600 millions de tonnes et d'une largeur de près de 1,2 km, progresse à près de 30 kilomètres par seconde et, en cas de collision, il aurait dégagé une énergie de 350.000 tonnes de TNT, soit 8 millions de fois la puissance de la bombe d'Hiroshima. Depuis sa découverte le 24 août par les scientifiques du Lincoln Near Earth Asteroid Research Program (LINEAR) de Socorro, au Nouveau Mexique (Etats-Unis), l'orbite de l'objet a été calculée et recalculée. 2003 QQ47 avait ainsi été classé au premier rang de l'échelle de Turin, qui en compte dix, ce dernier pallier étant réservé aux collisions avec la Terre capables de provoquer une catastrophe climatique globale.

Bien que d'abord classifié "d'objet méritant un suivi attentif" par le Minor Planet Centre dans le Massachussets, les experts s'accordaient sur le fait que la probabilité d'une telle collision devrait chuter à mesure que les observations se multiplieraient et que les calculs s'affineraient. "La première détermination de l'orbite n'est pas réelle ; elle est soumise aux erreurs d'observation, lesquelles sont si grandes qu'il existe toujours une probabilité de collision", explique à tf1.fr Patrick Michel, chercheur au CNRS et astrophysicien à l'Observatoire de Côte d'Azur. En multipliant les observations, les erreurs diminuent, "d'où l'importance de suivre les objets", ajoute-t-il.

16 mars 2880

La fréquence d'impact d'un objet céleste sur Terre, provoquant des dégâts régionaux et dégageant 1.000 mégawatts d'énergie, est estimée à 64.000 ans. A l'heure actuelle, l'astéroïde 1950 DA représente la menace la plus sérieuse : il y a une chance sur 300 qu'il percute la Terre le 16 mars 2880. Mais les "géocroiseurs" dangereux ne sont pas toujours détectés à temps (lire l'article lié). Et quand bien même les astrophysiciens parviendraient à les identifier, "si on prédisait un impact dans dix ou vingt ans, on ne pourrait rien faire" pour l'éviter, prévient Patrick Michel.

Les Etats semblent avoir pris conscience des risques que représentent les astéroïdes et certains ont développé des programmes spatiaux pour mieux les étudier. Mais il n'existe toujours pas de stratégie de défense adéquate (faire dévier la trajectoire de l'objet, utiliser éventuellement une charge nucléaire…), remarque l'astrophysicien français.

photo d'ouverture : détail de la jaquette du DVD Impacts (éditions Montparnasse)

e-TF1 n'est aucunement responsable du contenu des sites externes
pour lesquels elle offre des liens.

Par Matthieu DURAND avec AFP le 04 septembre 2003 à 07:00
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Sciences
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience