© INTERNEDepuis le début de l'année, la terre a tremblé environ 10.000 fois dans la vallée de l'Ubaye, dans les Alpes-de-Haute-Provence. "Ces séismes sont, pour la plupart, de faible magnitude et ne sont donc pas ressentis", précise dans un communiqué le Réseau de détection sismique de l'observatoire de Grenoble (Sismalp).
Ce phénomène se produit presque chaque année dans cette région durant quelques semaines, et non plusieurs mois comme actuellement. D'où une "crise sismique" qualifiée "d'exceptionnelle". La cause des séismes : "selon toute vraisemblance", une faille de 5 km de long, d'orientation nord-ouest/sud-est, qui "coulisse entre 3 et 8 km de profondeur".
Dix séismes par minute
Jusqu'au 21 juin, Sismalp a détecté "au maximum quelques dizaines de séismes" par jour ; puis l'activité s'est emballée : plus de 300 séismes se sont produits dans la seule journée du 23 juin et, certains jours, "on a pu comptabiliser, en moins d'une minute, jusqu'à dix séismes se succédant en rafales", indique le Réseau. Les tremblements de terre ne dépassent pas la magnitude 3 sur l'échelle ouverte de Richter, explique à tf1.fr François Thouvenot, physicien à l'observatoire de Grenoble et responsable de Sismalp. Seules les secousses les plus fortes — à partir d'une magnitude 2 — sont perçues, soit une vingtaine depuis janvier 2003. "Tout est question de profondeur. Si le foyer du séisme est proche de la surface, il sera davantage ressenti : la maison et les vitres vibrent ; les gens entendent comme un coup de canon…", ajoute le spécialiste. A ce jour, aucun dégât n'a été constaté ; "si ce n'est quelques bris d'objets tombés d'une étagère ou des tableaux retrouvés de travers".
Y a-t-il toutefois matière à s'inquiéter ? "Si l'on s'en tient à ce que l'on sait des crises sismiques, leur déroulement est imprévisible dans le temps donc on ne sait pas si la crise actuelle a atteint son paroxysme", prévient François Thouvenot. "D'un point de vue historique, de telles crises n'ont jamais donné lieu à un séisme majeur depuis 50 ans", rassure-t-il. La préfecture et les pompiers sont tenus informés de la situation mais aucun plan d'évacuation ne peut être mis en place à l'avance. Et de conclure : "Il y a 97% de chances que la crise se termine plus calmement".
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photo : détail d'une carte des séismes de magnitude supérieure à 1,3 dans le Sud-Est entre 1989 et 2001 (Sismalp).
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