Pluie de records pour une voiture solaire

Par Matthieu DURAND, le 23 octobre 2003 à 09h43 , mis à jour le 23 octobre 2003 à 10h04

Le Défi solaire mondial, la course réservée aux véhicules à propulsion solaire, s'est achevée mercredi en Australie. Le prototype néerlandais a battu une série de records... grâce aux technologies spatiales.

défi solaire mondial course soleil véhicule nuna-2 pays-bas australie © INTERNE

Il n'a fallu "que" 31 heures et 5 minutes à Nuna-2 pour traverser l'Australie, du Nord au Sud. Cette voiture à propulsion solaire a remportée mercredi le Défi solaire mondial (World solar challenge), une course de 3.010 km réservée à ce type de "véhicule propre". Battant par la même occasion le record de 32 heures 39 minutes établi en 2001 par… Nuna-1.

Construite par des étudiants des universités néerlandaises de Delft et Rotterdam, Nuna-2 a quitté Darwin dimanche dernier pour arriver mercredi à Adélaïde (1). Vitesse moyenne : 96,8 km/heure, avec une pointe à plus de 110 km/h, qui a constitué également un nouveau record du monde. Ultime performance inédite : la voiture a parcouru 830 kilomètres en 24 heures. Des performances qui lui ont valu le surnom de "Hollandais volant" dans la presse australienne.

De Smart-1 à Rosetta


Le tracé de la course : départ de
Darwin au nord et arrivée à Adélaïde
au sud (carte : WSC).
Le secret de Nuna-2, et du modèle précédent : le recours aux technologies spatiales mises au point par l'Agence spatiale européenne (ESA), qui a soutenu l'équipe batave. "La coque extérieure, dont l'aérodynamisme a été optimisé, est constituée de plastiques renforcés initialement pour l'espace et qui lui confèrent (…) légèreté et robustesse", indique l'ESA. La structure principale du véhicule est constituée notamment d'aramide, ou Twaron, un matériau utilisé pour protéger les satellites des micro-satellites ainsi que dans les gilets pare-balles.

Quant à l'énergie solaire, elle est emmagasinée par des "photopiles triple jonction à l'arséniure de gallium" qui recouvre la coque, précise l'ESA. Une technologie utilisée pour la première fois par l'Agence européenne il y a quelques semaines, à l'occasion du lancement de la mission Smart-1 vers la Lune. Enfin, des capteurs garantissent "une répartition optimale d'énergie entre la batterie et les photopiles, même dans les zones d'ombre et par temps nuageux". La sonde Rosetta, qui doit partir à la rencontre de la comète Churyumov-Gerasimenko" en février prochain, en sera également équipée. Finalement, les seuls problèmes qu'a connu Nuna-2 furent… deux crevaisons.

(1) 22 équipes ont participé au Défi solaire mondial, dont une française. Le dernier concurrent devrait franchir la ligne d'arrivée… dimanche prochain, en fin de journée.

photo : Nuna-2 (david Hancock/WSC)

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Par Matthieu DURAND le 23 octobre 2003 à 09:43
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