© INTERNEEn 2002, 1.300 motards sont morts lors d'un accident, selon les statistiques de la Sécurité routière. Une des solutions pour réduire cette hécatombe consiste à perfectionner la protection du conducteur et de son passager éventuel. Le Centre européen d'études de sécurité et d'analyse des risques (Ceesar), une association réalisant des études sur les accidents de conduites, a décidé de mieux comprendre la nature des accidents de deux-roues motorisés et leurs conséquences sur les utilisateurs, notamment grâce à l'analyse de leur casque. Le projet, baptisé RIDER (1), a intéressé Shark, une entreprise française de conception et de construction de casques, qui y a vu un moyen d'améliorer les performances de ses produits.
Analyses et déductions
Objectif de l'opération, circonscrite à l'Essonne pour des raisons pratiques : récupérer dix à vingt casques après des accidents. "Une fois prévenus par les forces de l'ordre, nous nous rendons le plus rapidement possible sur les lieux de l'accident pour y effectuer une série de relevés", explique à tf1.fr Léonard Campione, délégué général de Ceesar. "Nous consultons également les procès-verbaux rédigés par les forces de l'ordre ; nous interrogeons les témoins et les victimes, auxquelles nous demandons l'autorisation d'accéder à leur dossier médical et de conserver leur casque pour analyses", ajoute-t-il.
Les casques, de toutes marques, seront ensuite transmis au laboratoire de Shark. Les ingénieurs de l'entreprise devront "deviner" la nature de l'accident, le type de choc reçu, sa violence…, ainsi que l'état de santé du motard. Leurs déductions seront enfin comparées avec les résultats "réels" des analyses du Ceesar. La finalité de ces études consiste à "établir une critique scientifique des tests actuellement réalisés sur les casques (lire l'encadré ci-dessous, ndlr) et à proposer une alternative aux normes de sécurité actuelles", indique à tf1.fr André Teston, directeur général de Shark.
Modélisation
Un projet complémentaire, PROTEUS, visera à mettre au point des modèles virtuels de crâne et de casque qui reflètent mieux la réalité. Ils permettront ainsi, en amont, d'améliorer la précision des tests réalisés sur les casques et, en aval, de pouvoir perfectionner plus précisément telle ou telle partie des protections. La modélisation sera réalisée par une équipe de chercheurs de l'université Louis Pasteur de Strasbourg. RIDER et PROTEUS, deux beaux exemples de partenariats entre le monde de la recherche et celui des affaires.
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(1) Le projet, actuellement dans sa phase de mise en place, est financé par le ministère de la Recherche, le Conseil national de la Sécurité routière et la fondation MAIF.
photo : un casque subit un test dans l'usine thaïlandaise de Shark (DR)
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