Sida : la Croix-Rouge aide ses bénévoles

Par M. D. avec AFP, le 28 novembre 2003 à 07h00 , mis à jour le 27 novembre 2003 à 17h43

Quelque 200.000 volontaires de la Croix-Rouge dans le monde sont atteints du sida. La Fédération internationale a lancé mercredi un fonds pour aider ceux qui ne peuvent pas payer leur traitement.

La Croix Rouge casse les prix © Manreo

La Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) a annoncé jeudi la création d'un fonds destiné à financer le traitement de ses quelque 200.000 collaborateurs affectés par le sida sur les dizaines de millions qui œuvrent pour l'organisme dans le monde. Beaucoup d'entre eux jouent en effet un rôle de premier plan dans la lutte contre l'épidémie mais sont eux-mêmes emportés par la maladie faute de traitements, souligne la Fédération.

200.000 collaborateurs, le chiffre est impressionnant. "Il s'agit d'une estimation établie sur la base des données connues sur le sida dans les 178 pays où exercent des sociétés de la Croix-Rouge ou du Croissant-Rouge", explique à tf1.fr Bernard Morinière, médecin-épidémiologiste à la FICR. "Nous ne pouvons nous permettre de laisser mourir nos propres collaborateurs", a déclaré pour sa part Razia Essack-Kauaria, membre du Conseil de direction de la Fédération et secrétaire générale de la Croix-Rouge de Namibie. Cette situation "représente une énorme menace, non seulement au regard de notre aptitude à nous acquitter de notre mandat humanitaire mais aussi pour notre propre survie", a-t-elle ajouté.

Cinq ans minimum

Le Fonds a été baptisé Masambo, du nom d'une membre de la Croix-Rouge du Zimbabwe, décédée fin 2001 du sida après s'être consacrée pendant dix ans au programme de soins à domicile de sa société nationale en faveur des familles victimes du sida. Il sera financé par des contributions volontaires annuelles des sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, ainsi que par des dons du personnel et d'autres donateurs.

Objectif : pouvoir financer dans un premier temps le traitement de 300 personnes au moins, pour une période de cinq ans au minimum, la priorité étant donnée à des habitants de pays où il n'existe pas d'autre possibilité d'accéder à la trithérapie. Le Fonds n'est en aucun cas réservé à une région du monde, tient à préciser Bernard Morinière. Un traitement antirétroviral et les frais médicaux annexes pour une personne coûtent environ 50 dollars (42 euros) par mois. Si les dons arrivent suffisamment vite, les premiers médicaments pourront être délivrés en juin prochain, selon Bernard Gardiner, qui dirige les programmes de lutte contre le sida au sein de la Fédération.

photo : TF1

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Par M. D. avec AFP le 28 novembre 2003 à 07:00
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