La centrale de Penly investie par Greenpeace

Par AFP, le 04 décembre 2003 à 16h26 , mis à jour le 04 décembre 2003 à 16h39

L'association écologiste s'est introduite jeudi matin dans la centrale située en Seine-Maritime. Objectif : dénoncer le projet d'implantation du réacteur EPR. Tous les militants ont été interpellés.

logo nucléaire © INTERNE

Quarante militants de Greenpeace ont réussi à pénétrer jeudi matin dans la centrale nucléaire de Penly, sur la côte de la Manche. L'action de l'organisation écologiste, qui a duré près de quatre heures, visait à protester contre le projet d'installation sur le site du réacteur européen à eau sous pression (EPR). En fin de matinée, tous les militants écologistes avaient été interpellés par les gendarmes et, selon la préfecture de Seine-Maritime, ils devaient être présentés à la justice dans la journée.

"Pas d'EPR, du vent"

Pour cette opération spectaculaire, Greenpeace avait réuni quelque soixante militants écologistes venus de sept pays d'Europe. Une quinzaine d'entre eux avaient pris position sur la plage devant la centrale nucléaire, au pied d'une dizaine de répliques d'éoliennes d'une hauteur de quatre mètres. Ils affichaient des panneaux proclamant : "Pas d'EPR, du vent". Certains militants ont réussi à monter sur le bâtiment réacteur et sur des cheminées de la centrale. La force du vent qui soufflait leur a interdit de déployer des banderoles et ils ont été délogés par des pompiers du groupement régional d'intervention en milieu périlleux.

La préfecture a souligné qu'"à aucun moment le fonctionnement normal de la centrale n'a été perturbé". Indignée par cette "démonstration de force", EDF a déploré que "Greenpeace préfère les actions spectaculaires et de force au débat démocratique sur un sujet aussi essentiel que l'avenir énergétique de notre pays".

Vœux d'EDF

Selon Greenpeace, Penly a été pressentie pour la construction éventuelle d'un réacteur de nouvelle génération EPR. Pour l'organisation écologiste, l'EPR est "un projet complètement dépassé que le lobby nucléaire tente d'imposer". Greenpeace demande à EDF d'"investir les 3 milliards d'euros nécessaires à la construction de l'EPR dans l'éolien". Dans un entretien au Monde daté de vendredi, le président d'EDF François Roussely a pour sa part déclaré que "l'EPR est la nouvelle génération de réacteur nucléaire que nous appelons de nos vœux : sa commande est de notre ressort, une fois que le débat sur l'avenir de la politique énergétique sera conclu".

Le gouvernement français veut être en mesure de relancer le nucléaire au moment du renouvellement de certaines centrales en 2020. Il envisage à cette fin de construire prochainement un "démonstrateur" du réacteur européen à eau sous pression (EPR), mais sa décision n'a pas été encore formellement prise.

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Par AFP le 04 décembre 2003 à 16:26
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