© ManreoSelon la branche française du Fonds mondial pour la nature (WWF), "la crue du Rhône montre les limites d'une stricte politique d'aménagements lourds, contrairement à la Loire où une culture du risque naturel des crues se met en place depuis 1994 dans le Plan Loire Grandeur Nature". Explications de Martin Arnould, chargé du programme "Rivières vivantes" au WWF.
tf1.fr : Quels sont les principaux objectifs du Plan Loire ?
Martin Arnould : Avec ce plan, nous sommes passés de la notion de contrôle des crues, qui n'est pas possible dans les faits, à celle de gestion du risque naturel des crues. L'idée, c'est de considérer les crues comme une donnée qui s'impose à nous. Le Plan Loire, qui mobilise l'Etat, les élus locaux, les acteurs économiques, les écologistes et le public, s'est attaché d'abord à informer les gens qui vivent en zones inondables : ils sont 200.000 le long de la Loire. Deuxième objectif : réduire la vulnérabilité des sites et personnes exposées au risque d'inondation. Troisièmement, réaffirmer le principe de non-constructibilité des zones inondables et, dans les cas d'exception, imposer des normes aux constructions. Quatrièmement, détruire les constructions lorsque le risque est trop élevé. Ce fut le cas à Brives-Charensac, en Haute-Loire, où le lit de la rivière a été ré-élargi, un lotissement de cinq maisons rasé et trois usines déménagées. Enfin, le plan vise à recréer des espaces naturels d'inondation.
tf1.fr : Concrètement, comment réduire la vulnérabilité d'une habitation située dans une zone à risque ?
M. A. : Les dégâts potentiels peuvent être diminués si, dès la conception d'une habitation, l'architecte intègre qu'il ne faut pas prévoir de pièces à vivre au rez-de-chaussée ou qu'il faut rehausser la construction. Et pour les maisons existantes, si les gens bénéficient d'aides financières, ils peuvent surélever leur chaudière, leurs circuits et leurs machines électriques.
tf1.fr : "Réapprendre à vivre avec les crues", comme le prône le WWF, est-ce possible dans notre société actuelle ?
M. A. : Evidemment, on imagine et, pour certains d'entre nous, on sait ce qu'est le drame vécu par des personnes qui ont vu leur maison inondée. Reste qu'après 100 ans d'études, les spécialistes ont découvert qu'un fleuve est un organisme vivant qui respire. Sa respiration, ce sont les crues et les basses eaux. Lors de crues, le fleuve s'épure naturellement et "recharge" ses nappes. S'il n'est plus en mesure de le faire, ce sont les hommes qui devront retraiter l'eau et aller la chercher plus profond. Il est vital de retrouver un compromis entre l'homme et son milieu. C'est ce qui se passe actuellement sur la Loire.
photo : TF1
e-TF1 n'est aucunement responsable du contenu des sites externes
pour lesquels elle offre des liens.
Retour MYTF1
Chargement en cours...



