Hôpitaux : "les infections cessent d'augmenter"

Par Matthieu DURAND, le 10 décembre 2003 à 16h17 , mis à jour le 11 décembre 2003 à 22h31

L'épidémie d'infections nosocomiales dans le Nord de la France "est en cours de maîtrise", selon une experte. Une première alerte, lancée en octobre, avait permis de prendre des mesures à l'échelle régionale.

Infections hospitalires une bactrie multirsistante fait 18 morts © Manreo

Selon le docteur Anne Carbonne, du Centre de coordination de lutte contre les infections nosocomiales de la région Paris-Nord (C.CLIN), l'épidémie d'infections nosocomiales qui touche 21 hôpitaux du Nord de la France serait en train de diminuer. Explications.

tf1.fr : Où en est l'épidémie ?

Anne Carbonne : Dans tous les établissements concernés, l'épidémie est en cours de maîtrise. Les chiffres (d'infections, NDLR) cessent d'augmenter, voire diminuent (1). La plupart des cas ont été signalés entre août et octobre ; il y en a beaucoup moins au mois de novembre.

tf1.fr : Les 18 personnes décédées étaient des patients mais y a-t-il des cas d'infections au sein du personnel soignant ?

A. C. : Non, le germe n'est pas dangereux pour les personnes en bonne santé. Ce sont les malades qui sont les réservoirs de cette bactérie. En revanche, les soignants peuvent en être porteurs, notamment sur les mains, et les transmettre aux patients. Quant aux personnes décédées, il s'agissait de patients fragilisés, atteints de pathologies pulmonaires chroniques et en réanimation. Reste que le lien entre le décès et l'infection est difficile à établir.

tf1.fr : Le C. Clin avait déjà lancé une alerte contre cette épidémie en octobre dernier. Quel a été son effet ?

A. C. : L'alerte a permis de sensibiliser tout le monde à l'échelle de la région, notamment sur la nature de la bactérie et sur sa diffusion lors des transferts de patients d'un hôpital à un autre. Les mesures d'hygiène ont pu être renforcées pour éviter toute propagation de la souche.

tf1.fr : Avec 18 décès, peut-on parler d'une épidémie record ?

A. C. : Dans les hôpitaux, on vit avec les bactéries multi-résistantes comme une fatalité, surtout dans les services de réanimation. Il y a des morts chaque année. Dans le cadre de cette épidémie, les autorités sanitaires ont joué la transparence. La nouveauté, c'est la prise de conscience de l'épidémie à l'échelle régionale, qui a facilité la lutte, toujours difficile.

(1) "De 35 signalements par mois, nous sommes passés à 12 seulement en novembre. C'est une réduction sensible mais il ne faut pas baisser la garde", a indiqué mercredi Gilles Brucker, directeur de l'Institut national de veille sanitaire (InVS).

photo : TF1

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Par Matthieu DURAND le 10 décembre 2003 à 16:17
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