© INTERNEParents, soyez responsables ! Tel est le message que souhaite transmettre Jean Lalau Keraly, pédiatre à Paris. Avant de se ruer aux urgences, il y a quelques conseils de bon sens à suivre.
tf1.fr : Votre réaction face à l'engorgement des urgences en Ile-de-France, ce week-end ?
Jean Lalau Keraly : "Les gens paniquent le week-end et la nuit : aujourd'hui, dès qu'un enfant a de la fièvre et le nez qui coule, ses parents dérangent un médecin ou se précipitent aux urgences, c'est n'importe quoi ! D'autant qu'à attendre quatre heures dans une salle d'attente ces jours-ci, ils risquent d'attraper une gastro-entérite. Quant à SOS Médecins, il s'agit souvent de jeunes médecins qui ne connaissent pas grand-chose et certainement pas l'enfant, qu'ils ne reverront jamais d'ailleurs. Leur premier réflexe est donc de prescrire des antibiotiques, ce qui devrait rester exceptionnel. En général, la médecine à domicile est une mauvaise médecine.
Ces dérives viennent du fait que les gens n'ont plus de médecin de famille, ni de pédiatre traitant. Or, c'est indispensable car cela permet à un enfant d'être suivi par la même personne et aux parents de pouvoir appeler un seul interlocuteur s'ils sont inquiets. Beaucoup de cas peuvent être traités par téléphone. J'hospitalise un enfant pour bronchiolite par an au maximum".
tf1.fr : Si l'enfant a de la fièvre ou pleure un samedi soir, que faut-il alors faire ?
J. L. K. : "Appeler son pédiatre ou son médecin de famille qui, s'il n'est pas lui-même de garde, devrait avoir laissé sur son répondeur les coordonnées d'un confrère. Mais il est vrai que nous ne pouvons pas toujours répondre aux demandes… D'où l'importance de se faire prescrire par son pédiatre les médicaments à garder en permanence dans sa trousse de soins : du paracétamol et de l'ibuprofène pour faire baisser la fièvre, et des solutés de réhydratation contre la diarrhée".
Le conseil général des Hauts-de-Seine
tf1.fr : Quand les parents doivent-ils s'inquiéter ?
a mis en place un numéro
de téléphone destiné aux parents
inquiets pour leurs enfants malades :
0810 01 90 17.
J. L. K. : "Les parents doivent d'autant moins s'inquiéter que leur enfant est grand. Si au bout de deux, trois jours, il a toujours la fièvre alors il faut rappeler le pédiatre pour qu'il puisse voir l'enfant sans rendez-vous. En revanche, la vigilance s'impose avec les nourrissons de moins de deux mois ; si leur température est supérieure à 38°C, cela peut être le signe d'une infection grave : méningite, septicémie, infection urinaire… Dans ce cas-là, il faut aller aux urgences pédiatriques. D'une manière générale, quand un enfant geint, il faut tout de suite qu'il soit vu par un médecin".
tf1.fr : Passons en revue les épidémies actuellement les plus répandues et les conseils à suivre tout de suite. La grippe, d'abord…
J. L. K. : "Les syndromes grippaux débutent généralement par une rhino-pharyngite — le nez coule —, suivie de la fièvre et d'une toux. Ils peuvent parfois se compliquer d'une otite. Il faut faire baisser la température avec le paracétamol et l'ibuprofène, en donnant à l'enfant des bains et en lui donnant à boire. Il faut aussi lui laver le nez avec du sérum physiologique".
tf1.fr : La gastro-entérite…
J. L. K. : "Il s'agit d'une diarrhée plus ou moins liquide qui s'accompagne de vomissements, de fièvre et d'une perte d'appétit. Il faut se méfier des risques de déshydratation chez les tout petits et le peser régulièrement. La solution consiste à donner des sels de réhydratation et du lait sans lactose".
tf1.fr : Enfin, la bronchiolite…
J. L. K. : "C'est une sorte de grippe qui ressemble à de l'asthme. L'enfant est très gêné pour vider ses poumons. La bronchiolite s'accompagne de fièvre ; elle est très contagieuse. Là, il est important que le médecin traitant puisse voir l'enfant. Il prescrira souvent des séances de kinésithérapie et vérifiera qu'il n'y a pas de signes alarmants : que l'enfant n'est pas essoufflé, ni cyanosé, que sa fièvre ne grimpe pas…".
tf1.fr : Au delà des circonstances, pourquoi y a-t-il autant d'épidémies ?
J. L. K. : "Les autorités ont favorisé une politique du 'tout crèche' qui est une c... monumentale. A partir de trois, quatre mois, les enfants ont perdu leurs anticorps maternels et n'ont pas encore développé leurs propres anticorps et on les place dans le milieu le plus septique qui soit ! Il faut davantage favoriser les gardes à domicile et aider les femmes à ne pas reprendre tout de suite leur travail après l'accouchement".
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