© INTERNEPlusieurs milliers de chercheurs (3000 selon la police et 10 000 selon les organisateurs) ont manifesté jeudi après-midi à Paris, pour protester contre la politique de recherche publique et demander une augmentation des budgets. En province, on a compté 500 manifestants à Toulouse et à Bordeaux, 250 chercheurs à Strasbourg.
A Paris, le cortège, rassemblé à l'appel de 27 organisations syndicales du monde de la recherche et de l'université et du collectif "Sauvons la recherche", est parti de l'université de Jussieu et s'est rendu à l'Hôtel Matignon où une délégation devait être reçue par les services du Premier ministre. "Nous ne savons toujours pas si nous obtiendrons une audience", avait indiqué mercredi à tf1.fr Annie Kieffer, secrétaire générale du Syndicat national des travailleurs de la recherche scientifique (SNTRS-CGT).
"On n'avait pas vu une telle mobilisation depuis longtemps", a déclaré Jacques Fossey, le secrétaire-général du syndicat national des chercheurs scientifiques SNCS-FSU. Derrière la banderole de tête qui porte l'inscription "pour une autre politique de recherche", les manifestants, parmi lesquels se trouve un fort contingent de jeunes chercheurs, ont scandé "Haigneré en orbite, la recherche est en faillite". Autres slogans : "pas de pipette sans pépette", "Science sans finance n'est que ruine de lab", ou "Chirac casseur Haigneré complice". La manifestation a reçu le soutien du parti socialiste et du mouvement républicain et citoyen (MRC-Chevènementiste). Dans le défilé, on remarquait notamment la présence de Laurent Fabius. Plusieurs manifestations se sont déroulées également en province, notamment à Nancy, Bordeaux et Toulouse.
Deuxième manifestation
Les manifestants demandent notamment le "déblocage immédiat des crédits supprimés depuis 2002, l'arrêt du pilotage autoritaire de la recherche, la restitution de l'attractivité de la recherche française, le rétablissement des 550 emplois de CDD, la résorption de la précarité...". "Nous ne sommes pas des batteurs de pavé mais des personnels de la recherche, a déclaré Annie Kieffer. Nous voulons que l'Etat verse ce qu'il doit aux laboratoires, soit 300 millions d'euros non payés en 2002 ou annulés en 2003". Selon la syndicaliste, qui précise qu'elle travaille dans un organisme public de recherche, "il y a un fort mécontentement" chez les chercheurs. "Je n'ai jamais vu un tel découragement chez les doctorants et post-doctorants (jeunes chercheurs, NDLR)", a-t-elle ajouté.
Cette mobilisation sera suivie, le 2 février prochain, par une manifestation des personnels de l'Inserm devant le Palais des Congrès de Paris Il s'y tiendra en effet une réunion des directeurs de laboratoire de l'Institut. "L'Inserm est particulièrement touchée" par la baisse des crédits, a commenté Annie Kieffer. Selon elle, "les laboratoires ont reçu des dotations en baisse de 10 à 80%".
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photo : la "tête" de la manifestation parisienne (LCI)
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